Les psychiatres voient arriver de nouveaux patients depuis le déconfinement

Credit Photo : DR

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C’est ce qu’on appelle « le syndrome de l’escargot ». Pas facile pour certains d’entre nous de retourner à une vie normale après le déconfinement comme le constatent les psychiatres dans leurs cabinets.

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Le Dr Philippe Gasser est un psychiatre travaillant à Uzès. Depuis le déconfinement, il a vu de nouveaux patients prendre rendez-vous dans son cabinet. Des personnes angoissées de ressortir après avoir passé plusieurs mois confinées chez elles.

« Paradoxalement, ce n’est pas la peur du virus ou de la contamination, c’est plutôt une méfiance sociale, le retour au réel, les autres, les conditions de travail. Une sorte de phobie sociale qui s’est installée pour certains au moment du déconfinement. C’est aussi la rupture avec ce cocon qui s’était installé pendant le confinement. Ce sont souvent les personnes les plus actives qui avaient une vie trépidante, qui négligeaient un petit peu leur vie domestique et familiale et qui ont retrouvé un certain goût de vivre pendant le confinement. Elles ont du mal à gérer cette rupture », a-t-il délaré.

Ces malaises chez ces patients se traduisent par des angoisses, des insomnies. « C’est le syndrome de la rentrée des classes poursuit le psychiatre, ce qu’on connait après les vacances. Une sorte de défiance du monde social ». Le Dr Gasser confie avoir dû faire hospitaliser certains de ces patients.  » « Je n’ai pas connu de tentatives suicidaires mais des décompensations, des bouffées délirantes, des choses qui envahissent complètement le champ de conscience qui amènent une perte de contact avec le réel, une sorte de dépersonnalisation. De ne plus savoir qui on est vraiment ».

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C’est la première fois que ce médecin fait face à ce genre de situation. C’est ce que lui confient aussi les personnes âgées qu’il accompagne dans les EHPAD. « Elles me disent que même pendant la guerre, elles n’avaient connu une telle contrainte liée au confinement, à l’obligation de rester chez soi. Il y avait le couvre-feu, on le respectait, mais là on a vécu une espèce de couvre-feu permanent. » Pour le psychiatre, il est nécessaire que les personnes qui ressentent ce genre d’émotions en parlent : « le risque, c’est qu’on ait après un syndrome de stress post-traumatique ».

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