Les TIC : des microprocesseurs ou des micro-professeurs ?

Les TIC _des microprocesseurs ou des micro-professeursLes Nouvelles technologies entre usage à bon escient et mirage insouciant

« Que jamais un microprocesseur ne devienne un micro-professeur », Francis Meynard.

La justesse et la pertinence de cette assertion et mise en garde de Francis Meynard rendent compte de l’impératif devoir de faire des TIC un usage diligent, intelligent et à bon escient.

Que les TIC aient une incidence remarquable et un impact considérable sur l’éducation, nul ne saurait en douter. C’est une palissade de nos jours, en ce sens que plus que jamais, les TIC s’intègrent de plain-pied dans le système éducatif. De par leur ampleur et leur commodité, elles contribuent sans aucun doute à la réussite scolaire.

Toutefois, il urge de se demander si un usage intelligent en est fait, surtout dans le monde scolaire et universitaire. Au-delà de leurs rôles multiples et variés, l’on note un certain nombre d’irrégularités, de libertinage et de facilités en termes d’usage de ces outils d’information et de formation.

De toute évidence, la question des TIC est, on ne peut plus, plurielle et diversifiée ; par conséquent, notre article n’a pas la prétention à l’exhaustivité. Nous allons, dès lors, donner une définition contextuelle des TIC, ensuite nous nous intéresserons particulièrement à l’usage à mauvais escient des TIC dans le cadre de l’éducation, enfin notre réflexion se focalisera sur l’usage intelligent des TIC.

Définitions notionnelles

Les TIC, qu’est-ce que c’est ? Disons de primes abords que les TIC sont un acronyme qui désigne les Technologies de l’Information et de la Communication. Plusieurs autres acronymes se réfèrent aujourd’hui à cette réalité avec quelquefois de légères nuances : les Nouvelles technologies de l’information et de la communication (NTIC), les Nouvelles technologies (NT), les nouvelles technologies de l’information (NTI), les technologies utilisées particulièrement en éducation, en enseignement (NTICE), les Technologies éducatives (TE), les Nouvelles technologies de la formation (TF), etc.

Claude Bertrand conçoit les TIC comme reposant sur trois pôles essentiels :

• Le pôle audiovisuel qui s’organise lui-même selon deux axes : le traitement de l’image et du son et les médias ;
• Le pôle informatique avec l’extraordinaire développement depuis ces vingt dernières années ;
• Le pôle des télécommunications qui s’organise selon trois axes: la télédiffusion, la télématique et les télécommunications.

Eu égard à ce qui précède, nous concevons les TIC comme le multimédia interactif ainsi que les outils de communication et d’accès à l’information. Tous sont centrés sur l’ordinateur qui, par sa capacité à traiter l’information, à représenter le réel, à communiquer, constitue un outil technique en pleine évolution.

L’usage à mauvais escient des TIC

Le copier-coller : drame et mépris de la probité intellectuelle

Les Tic peuvent suppléer à la pensée et amenuiser ainsi subrepticement la faculté de réfléchir, de juger, de jauger, d’analyser la fiabilité et la viabilité de l’information qui nous est servie. Il est de notoriété publique que plusieurs ne prennent pas le temps de voir si ces informations sont de bonne facture éducative ou universitaire. Ainsi, les TIC deviennent des béquilles cérébrales même pour des intellects chancelants et défaillants.

Par ailleurs, bien que le monde internet semble être ouvert, cela demande toutefois impérativement le respect d’un certain nombre de principes, de codes, de normes et de règles internationaux. Or, nombre de devoirs sont, à en croire les professeurs souvent sidérés, des copies serviles et conformes à ce que donne l’Internet. Non seulement cela fait de l’étudiant un plagiaire, mais aussi et surtout cela empêche de formuler les siens propos, altérant ainsi la faculté intellectuelle et réflexive.

Les Tic : un chronophage pour l’étudiant

« Servons-nous de toutes les technologies, mais ne soyons l’esclave d’aucune ».

L’usage à mauvais escient des TIC fait qu’ils peuvent se révéler comme des mangeurs avides de temps. Passionnément rivé du matin aux noirceurs vespérales sur l’ordinateur, la tablette et le téléphone, l’étudiant ne sent plus le temps passer.

Dépendance rime désormais avec l’obsession, et le résultat est le temps sacrifié par simple plaisir. Pour plusieurs, en effet, c’est d’abord un instrument ludique, non un outil didactique, c’est un moyen distractif, non un instrument éducatif. Le temps consacré à ces moyens d’information dans cette conception est plus que nécessaire.

Les Tic : le piège du clavardage

« S’il ne fallait retenir qu’une vertu des Technologies de l’Information et de la Communication, ce serait celle-ci : la possibilité d’offrir à chacun une tribune, un espace de liberté, d’expression. », André Santini.

Les Tic donnent à chacun la possibilité de communiquer, de partager ses opinions, ses points de vue avec ses « amis » de par le monde. Mais une inattention amène à un simple bavardage par clavier. Cette situation ne permet pas d’en tirer un profit salutaire aux fins d’expériences pédagogiques réellement passionnantes.

Selon Thierry Paquot(Le Monde de l’éducation – Juillet – Août 2001) « Le kidnapping de nos cinq sens par les nouvelles technologies de l’information et de la télécommunication est aussi grave que les greffes d’organes qui séparent irrémédiablement l’individu de son corps »

Pour un usage à bon escient des TIC

Les TIC, partenaires intellectuels et non béquilles cérébrales

Aux États-Unis, à titre illustratif, plus de 84 % des professeurs considèrent que l’utilisation de l’ordinateur et l’accès à Internet sont d’excellents moyens d’améliorer la qualité de l’enseignement et de l’apprentissage. Dans plusieurs contextes, les TIC passent pour de véritables « partenaires intellectuels » et offrent des outils cognitifs effectivement commodes et adaptés à des recherches.

De nos jours, l’on ne peut plus s’en passer en ce qui concerne la recherche. L’intégration des technologies peut dès lors garantir de meilleurs résultats aux étudiants. Toutefois, l’atteinte de ces résultats requiert un usage responsable des TIC.

L’étudiant se doit de faire des TIC ses partenaires intellectuels, ses collaborateurs fidèles et sélectifs. Elles doivent ne pas être une sorte de béquille de nature à simplement pallier les lacunes. Comme nous l’avons affirmé de concert avec Francis Meynard en exergue, « Que jamais un microprocesseur ne devienne un micro-professeur ».

L’accès aux documents numérisés à des frais réduits, les correspondances avec d’autres étudiants ou universités de par le monde, sont entre autres privilèges à mettre à l’actif des TIC dans le cadre de l’éducation.

L’étudiant sait désormais qu’avec les TIC, même s’il ne peut pas tout avoir, il peut néanmoins avoir un peu de tout.

Les TIC, un impératif pour les études

En définitive, les TIC sont un impératif pour les études, surtout de nos jours. Il convient de reconnaitre que ce sont de potentiels « partenaires intellectuels » et éducatifs. C’est dans cette perspective utilitaire qu’ils sont d’une utilité incontestable en matière d’instruction.

Mais les TIC ne sauraient véritablement remplir leur fonction providentielle si elles ne sont pas utilisées avec une conscience et un souci didactiques. Sans la considération de cet aspect, elles ne sont rien que de simples outils à l’usage de ceux qui se plaisent et se complaisent à se prélasser, à se divertir et à se distraire.

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