L’homme de 300 kg évacué de son domicile avec une grue

Annoncée depuis septembre, l’évacuation d’Alain Panabière, l’homme d’environ 300 kg, a été faite ce mardi 1er décembre après des heures de préparation. Le quinquagénaire vivait dans l’habitation à même le sol depuis des mois.

L’intervention était exceptionnelle et extrêmement délicate car la vie d’Alain Panabière était en jeu. Elle a nécessité la consolidation de la maison de deux étages située dans un quartier aux rues étroites et la destruction d’une partie de la façade.

Placé sous perfusion, l’homme de 53 ans a été déplacé horizontalement dans un grand conteneur blanc, suspendu à une grue, puis déposé dans une ambulance spécialisée, a indiqué la préfecture des Pyrénées-Orientales. L’opération a duré environ deux heures.

Plus de 50 personnes étaient mobilisées depuis mardi matin, parmi lesquelles des policiers, des pompiers et des équipes médicales, mais aussi des membres du personnel de la mairie et du département, a indiqué la préfecture. « Afin de ne prendre aucun risque, les voisins ont été priés de quitter temporairement leur logement durant toute l’opération », a précisé la préfecture.

Alain Panabière sera conduit dans un premier temps au CHU de Montpellier pour une « évaluation globale » de son état de santé, avant son transfert quelques semaines plus tard vers un centre de rééducation, selon le chef du service Endocrinologie-Diabétologie-Nutrition, Antoine Avignon.

« Quand on remobilise une personne immobilisée pendant deux à cinq ans, il y a un risque de décompensation circulatoire, de thrombose. C’est un système cardio-vasculaire longtemps au repos qui est réactivé », précise le médecin.

Vivant reclus chez lui depuis des années, et immobilisé au sol depuis plus d’un an « après s’être vraisemblablement cassé une jambe », selon son avocat Jean Codognès, Alain Panabière était alimenté par son frère, mais son état de santé se dégradait rapidement.

Après des mois de tractations entre sa famille, son avocat et les autorités, une solution a été trouvée et l’opération a été préparée et coordonnée par les services de l’État, du département et de la ville. Me Codognès avait envoyé fin octobre une lettre au ministre de l’Intérieur Gérald Darmanin pour lui demander une intervention urgente. Quelques jours plus tard, son client et la Ligue nationale contre l’obésité avaient porté plainte contre X pour « non-assistance à personne en danger » et « omission de porter secours à personne en péril ».