Être Noir ou Blanc n’est pas une question de couleur de peau, mais de perception, avance Lilian Thuram dans son dernier livre « La Pensée blanche ». Dans un entretien au Monde publié le mardi 1er décembre, l’ancien champion du monde de football est revenu sur les origines et le fonctionnement de ce qu’il estime étant une idéologie en Europe, invitant à mieux lutter contre le racisme. Il explique dans un premier temps que « pour ne pas avoir conscience qu’il y a un privilège blanc, il faut être Blanc et ne s’être jamais posé la question ». Il affirme que ce problème n’est pas tant lié au statut social (un Noir riche vit mieux qu’un Blanc pauvre) qu’au fait d’être simplement discriminé pour sa couleur.
Il précise ensuite que cette pensée n’est pas imputée qu’aux Blancs, puisqu’elle est également présente en Afrique, notamment parmi les élites, lesquelles tendent à associer les Blancs au succès. Une pensée qui était même intégrée au système éducatif en France : « Jusqu’en 1950, on apprenait dans les écoles que la race blanche était la race supérieure dans un manuel scolaire qui a été réédité jusqu’en 1977 », déplore-t-il. Il considère d’ailleurs que cette « pensée blanche » est « née d’une volonté politique et économique » qui « divise les êtres humains en les classifiant à travers une supposée couleur de peau ». « Tous les systèmes politiques liés à la racialisation ont été forgés par une élite intellectuelle, financière et politique », insiste-t-il.
