Lutte contre le terrorisme : la grande annonce de la CEDEAO

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Crédit Photo : DR

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Les États ouest-africains ont décidé pendant le week-end à Freetown de créer une force de 2.000 hommes pour lutter contre le jihadisme qui progresse dans la région, a appris l’AFP ce mardi 3 mars 2026 de sources diplomatique et militaires proches de l’organisation régionale Cedeao.

Cette force anti-jihadiste, dite « d’attente », sera composée d’hommes stationnés dans leurs pays d’origine et disponibles pour être déployés en cas de besoin.Elle est évoqué depuis des années par les pays membres de la Communauté des États membres de l’Afrique de l’Ouest (Cedeao, 12 États) où différents groupes jihadistes étendent leurs actions.

Selon le dernier Indice mondial du terrorisme, le Sahel est devenue l’épicentre mondial du « terrorisme » en raison des insurrections jihadistes menées par des groupes liés à Al-Qaïda et à l’État islamique au Burkina Faso, au Mali et au Niger, trois États sécessionnistes de la Cedeao, par conséquent non concernés par la nouvelle force.

Ces groupes armés étendent leur influence vers le sud, dans des États côtiers comme le Togo et le Bénin.

A l’issue d’une réunion des chefs des armées ouest-africaines à Freetown les 28 février et 1er mars, « nous avons dessiné les contours d’une force pour lutter contre le terrorisme », a affirmé à l’AFP un haut responsable militaire nigérian dont le pays est le poids lourd de l’organisation régionale.

« Plusieurs pays ont annoncé des chiffres (sur la participation de leurs soldats à la force en attente). Dans un premier temps, nous serons environs 2.000 hommes pour lutter contre le terrorisme (et) l’insécurité dans la région ouest-africaine », a-t-il ajouté.

Lors des discussions, les chefs des armées ouest-africains ont « dressé un état des lieux préoccupant du paysage sécuritaire régional », a affirmé une source proche de la rencontre.

« Les échanges se sont concentrés sur la montée en puissance de la menace terroriste, l’expansion de la criminalité transnationale organisée et les défis persistants liés à l’insécurité maritime. Il faut lutter contre tout ça et redoubler de vigilance pour éviter des ruptures de l’ordre constitutionnel », a-t-elle indiqué.

Les troupes stationnées dans leurs pays d’origine, disposeront d’une base logistique en Sierra Leone, selon une source officielle sierra-léonaise.

Les discussions sur le financement de cette force étaient toujours en cours, selon des informations recueillies par l’AFP.

La Cedeao n’a pas encore publié de déclaration officielle. Aucun de ses responsables n’a répondu aux demandes d’informations complémentaires.

Quant aux trois États sécessionnistes de la Cedeao (Mali, Burkina Faso et Niger), ayant ensuite créé une confédération, l’Alliance des États du Sahel (AES), leur coopération avec la Cedeao a été encouragée, a indiqué à l’AFP un chef d’état-major ouest-africain.

« Les pays de l’AES sont dans un espace dans le Sahel (qui est) l’épicentre de la lutte contre les jihadistes. Il faut les associer (à la force en attente). Tous nos chefs d’États sont d’accord », a-t-il dit.

Ces pays font face depuis plus d’une décennie aux attaques de groupes liés à Al-Qaida et à l’État islamique, sans parvenir à les enrayer.

Le Mali, le Burkina Faso et le Niger sont dirigés par des juntes autoritaires arrivées au pouvoir par des putschs entre 2020 et 2023.

Ils revendiquent une politique souverainiste et ont tourné le dos à l’Occident et au bloc régional de la Cedeao. Ils se sont ensuite notamment rapprochés d’autres partenaires comme la Russie.

© Agence France-Presse

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