M. Jean-Philippe Aithnard, consultant en ingénierie financière

Forum des Jeunes Entrepreneurs

IMG_6491 (2)Ce matin, c’est avec un réel et immense plaisir, que notre équipe échange avec M. Jean-Philippe Aithnard, consultant en ingénierie financière et représentant personnel de M. Gervais Koffi Djondo, co-fondateur d’Ecobank et Fondateur d’Asky, lors du Forum des Jeunes Entrepreneurs du Togo. 

M. Jean-Philippe Aithnard bonjour.

Bonjour cher ami.

M. Jean-Philippe Aithnard, vous êtes un consultant en ingénierie financière, pour nos internautes élèves et étudiants, qu’est-ce qu’un ingénieur financier ?

Un ingénieur financier est un professionnel qui fait deux choses :

  • Concevoir des produits financiers innovants
  • et gérer des risques financiers bancaires et d’entreprises.

 

Pour un élève, après son Brevet  d’Etudes du Premier Cycle (BEPC), quelles études faut-il faire pour devenir ingénieur financier ?

Il y a certaines étapes à franchir pour y parvenir. En ce qui me concerne, après le Brevet,  j’ai obtenu un baccalauréat série C. J’étais admis  à l’Ecole Nationale Supérieure des Ingénieurs (ENSI) à l’Université du Bénin (actuellement Université de Lomé) mais  je suis parti finalement faire un Bachelor en génie mécanique au Canada à l’Ecole Polytechnique de Montréal suivi d’un Master en ingénierie financière à HEC Montréal. Je pense que c’est plus un cursus scientifique et ce sont les étudiants qui sont bons en mathématiques qui peuvent réussir cette formation.

 

Y-a t-il des écoles en Afrique qui forment pour cette profession?

Je ne saurais vous dire si cette formation existe déjà en Afrique, peut-être en Afrique du Sud. Toujours est-il que c’est un domaine de formation pointu bien implanté au Canada, aux Etats-Unis, en France ou dans d’autres pays développés.

 

Quels sont les opportunités professionnelles ?

Un ingénieur financier travaille principalement pour les banques, des caisses de retraite ou des grandes entreprises avec des activités de trésorerie importantes. Le plus souvent, c’est d’abord de grosses banques et ensuite de grandes structures qui pourront avoir besoin de vous. Prenant l’exemple d’une société qui importe des produits d’un peu partout dans le monde et les revend sur différents marchés. Les prix des produits peuvent varier à cause de différents facteurs comme le prix des intrants ou les taux de change aussi bien à l’achat qu’à la vente, modifiant le profil de risque de l’entreprise. A un certain niveau, il n’est plus facile de gérer et d’intégrer toutes ces données, c’est à ce moment qu’on fait appel à l’ingénieur financier.

Pour ma part,  je travaille actuellement sur des projets de titrisation. Cette technique permet de monétiser des créances et n’est pas encore beaucoup utilisé en Afrique.

 

Assister au premier forum des jeunes entrepreneurs togolais, un forum impliquant réellement ces jeunes ; quelles impressions avez-vous de ce nouveau Togo  qui est en marche?

J’ai une très bonne impression de l’organisation professionnelle et moderne de cet événement. Je ressens une soif d’auto-réalisation chez les togolais. Je pense que certains jeunes manquent un peu de confiance en eux-mêmes et s’attendent trop au financement de l’Etat. L’essentiel est que le train soit en marche et avec le temps ils comprendront que les solutions sont en eux et non à l’extérieur. Monsieur Djondo, que j’ai représenté lors de mon intervention, est un exemple de cette affirmation.  Vous savez, quand il avait commencé il n’y avait pas ces moyens que l’Etat met à notre disposition actuellement. Il a dû se lancer avec les moyens de bord autrement dit les ressources dont il disposait. Ces ressources ne sont pas nécessairement financières mais peuvent être relationnelles ou s’évaluer en termes de compétences transigeables.  Il faut donc réfléchir et trouver des solutions à chaque étape de la croissance de son entreprise.

 

Quel message avez-vous pour ces jeunes qui hésitent à faire ce pas vers l’entrepreneuriat ?

Premièrement, je pense qu’il faudrait qu’on sache qu’on n’est pas tous des entrepreneurs nés, par contre cela s’apprend. Par exemple, si vous posez la question : « Pourquoi êtes-vous entrepreneur ? » à des entrepreneurs, ils vous diront souvent qu’ils veulent la liberté. La liberté oui, mais aussi ce qui va avec, c’est-à-dire la responsabilisation face à ses choix et ses erreurs. Il importe donc de passer par une introspection préliminaire pour valider votre détermination à vous engager dans la voie de l’entrepreneuriat. En effet, si vous voulez être entrepreneur seulement pour gagner de l’argent, aurez-vous la capacité de continuer après le premier revers ?

Deuxièmement, pour ceux qui sont déterminés à être entrepreneur, ce que je peux donner comme message, c’est : passez à l’action. Il s’agit de faire un plan et d’agir rapidement pour réaliser l’idée. L’idée n’a pas besoin d’être parfaite au début. La mettre sur le terrain est une des meilleures façons de la valider et d’apprendre des résultats pour une amélioration continue.

 

Merci M. Aithnard pour l’opportunité et à bientôt.

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