Madame Irène AISSAH-ASSIH

Très cher(e)s internautes du www.l-frii.com bonjour !
Faire connaitre des personnes qui s’illustrent positivement, qui inscrivent le Togo dans un avenir radieux et qui peuvent être des modèles pour la jeunesse Togolaise, tel est l’objectif de « L-FRII, une personne un modèle, un parcours» !
Ce matin, nous rencontrons avec vous Madame Irène Ashira AISSAH-ASSIH, première femme Docteur en Ethnologie au Togo, Enseignant-chercheur aux Universités de Lomé et de Kara, Présidente du Conseil d’Administration de l’orphelinat «Soutien Pour l’Enfance en Souffrance»(SPES), Officier de l’Ordre Nationale du Mérite de la république française, Officier de l’Ordre du Mono de la république togolaise, Ministre dans le gouvernement Togolais de 1999 à 2002, ancienne présidente fondatrice du Réseau des Femmes Africaines Ministres et Parlementaires- Togo(REFAMP-Togo), haut fonctionnaire des Nations Unies à Rome de 2003 à 2005, consultante en genre et développement et actuellement Directrice de la Société ANNY spécialisée dans le prêt-à-porter, la décoration et dans la vente des articles divers.
Madame Bonjour.
Bonjour L-FRII.
Madame, commençons par le début. Parlez-nous de votre parcours scolaire dans le temps et dans l’espace?
Vous savez, vous n’étiez pas encore né(Rires)… Le début de mon parcours scolaire se situe autour des années 1962. Mon père était infirmier donc j’ai eu à faire plusieurs régions. J’ai commencé mes études à Sokodé ensuite à Kantè puis à Défalé et enfin à Bassar où j’obtins mon CEPE et le concours d’entrée en 6ème pour rentrée au collège Adèle.
Après mon BEPC donc au collège Adèle j’ai été reçue au Lycée de Tokoin de Lomé où j’ai continué le cycle secondaire jusqu’à l’obtention de mon Baccalauréat en 1975 en série A.
Après cela, j’ai débuté mes études supérieures à la faculté de droit de Lomé, où j’ai juste passé 2 mois puisque j’étais admise à l’école de journalisme à l’ISTI à Kinshasa. De l’ISTI, je me rendis à Strasbourg puis à l’université de Bordeaux III où j’obtins ma licence en sciences de la communication. Puisqu’il était de règle de choisir un certificat complémentaire à Bordeaux II, j’ai alors opté pour le certificat d’ethnologie, et qui m’a passionné. J’ai donc continué avec ce certificat puis j’obtins ma Maîtrise, mon Diplôme d’Etudes Approfondies (DEA) et le Doctorat.
Madame pourriez-vous nous parler de ce séjour d’une étudiante africaine dans les années 1976-1986 en France?
Vous savez, j’ai obtenu une bourse d’études qui m’a permis de me rendre en Europe où j’ai passé 10 ans de ma vie. C’était une belle époque puisque le voyage, le logement, la restauration étaient pris en charge même si la bourse n’était pas consistante. Aussi avait-on la chance d’avoir un billet de retour tous les 2ans pour rentrer au pays, retrouver sa famille, ses amies, ses vieilles connaissances…Après ces études supérieures je suis rentrée au pays en 1986 malgré les propositions de poste de mes enseignants de Bordeaux II. En effet, j’étais motivée par l’amour de la patrie ; parce que si tout le monde devrait rester, qui construirait alors le pays ?
Madame, après les études, vous étiez revenue au pays. Comment cette phase s’était déroulée ?
Bien que revenue au pays avec mon Doctorat, la vie n’a pas été rose… En effet, j’ai chômé pendant deux ans durant lesquels j’ai donné des cours de français en tant que vacataire au Lycée Technique d’Adidogomé avec ma licence en Sciences de la Communication.
Après ces deux années de vacation, j’ai passé un concours de recrutement national ; le deuxième organisé par la fonction publique. Suite à mon admission, je fus admise à l’Université de Lomé dans le département de PhISSA (Philosophie et Sciences Sociales Appliquées), Je devins titulaire dans ce département où avec des collègues, nous avions ensemble créé le Département d’Anthropologie et d’Etudes Africaines Je donnais également des cours d’anthropologie dans plusieurs départements et autres instituts tels que l’Institut National des Sciences de l’Education, l’Ecole des Assistants Médicaux, l’Ecole des Sages-femmes et autres. Actuellement, je dispense des cours d’anthropologie pour les étudiants en Santé Publique à l’OMS (Organisation Mondiale de la Santé).
Personnellement, je pense que l’Anthropologie est nécessaire dans la formation de nos étudiants qu’ils soient juristes, médecins, économistes ou autres, puisqu’ils ont affaire à l’homme dans le processus de développement et donc il est important de le connaitre.
Vous avez été Ministre de 1999 à 2002. Comment aviez-vous vécu cette expérience ?
Très bonne expérience ! Je pense que c’est un honneur d’être appelé à un poste où vous vous occupez des problèmes de votre pays. Pour cela je suis reconnaissante au feu Président Gnassingbé Eyadema qui m’a nommé Ministre des Affaires sociales, de la Promotion de la femme et de la protection de l’enfance.
Je crois que fondamentalement, c’est un poste qui m’a permis de diversifier mes connaissances. En effet vous pouvez apprendre un métier mais vous n’apprenez pas à être ministre… Dans la peau de ministre et face à la flopée des dossiers à gérer, il faut faire appel à vos qualités, celles de vos collaborateurs pour juguler les problèmes.
Vous présidez actuellement le Conseil d’Administration de l’orphelinat Soutien Pour l’Enfance en Souffrance. Quelle était la source de ce désir de venir en aide à cette tranche vulnérable ?
Ce désir, tire ses racines de mon enfance puisque j’ai été orpheline à l’âge de 11 ans. J’ai donc expérimenté la souffrance d’un orphelin puisque j’étais l’aînée d’une fratrie de 10 enfants et avec les conditions de vie précaire, il fallait que des personnes de bonne volonté notamment les proches, la famille au sens large du terme, nous viennent en aide. Je comprends donc, ce que vit un orphelin…
De plus, l’expérience que j’ai acquise en tant que Ministre des affaires sociales et de la protection de l’enfance, mes rapports avec les veuves les orphelins et les handicapés n’ont fait que nourrir ce désir pour l’amener à concrétisation.
Vous êtes ancienne Présidente et membre Fondatrice du Réseau des Femmes Africaines Ministres et Parlementaires du Togo (REFAMP-Togo). Présentez-nous ce réseau?
Le REFAMP comprend des femmes anciennes ministres et ministres en fonctions, des femmes anciennes parlementaires et parlementaires en fonctions.
Il s’agit pour ces femmes leaders de mettre ensemble leurs forces pour faire des plaidoyers tant sur le plan social, économique que politiques pour la bonne participation de la femme togolaise dans la gouvernance de notre pays.
Madame, vous aviez été élevée au rang d’officier de l’Ordre Nationale du Mérite de la République Française en 2011. Comment obtient-t-on un tel privilège ?
En m’inspirant du discours de l’ambassadeur de France, je crois que c’est la somme de toutes les actions positives menées dans la vie associative, en tant que ministre, aux universités de Lomé et de Kara.
En fait c’était depuis l’an 2003 que j’ai été élevée à ce rang. Cependant, la cérémonie de remise de cette distinction ne fut effective qu’en 2011 puisque j’étais à Rome en tant que Haut Fonctionnaire des Nations Unies chargé du genre.
Somme toute, je pense que ce privilège n’est que la résultante de toutes ces actions positives et comme je l’ai déjà dit, on n’écrit pas « J’ai l’honneur» pour ces genres de chose. (rires… )
La gent féminine vient de célébrer la journée Internationale de la femme. Quel mot en particulier avez-vous à l’endroit de nos internautes ?
Nos jeunes filles, doivent s’armer de courage, de détermination, de persévérance et travailler pour concrétiser leurs rêves. Vous savez que le travail libère l’homme. Néanmoins, le constat amer d’aujourd’hui est que les jeunes filles s’adonnent aux gains faciles… A notre époque, ce ne fut pas le cas…je leur lance un appel solennel afin qu’elles se ressaisissent, qu’elles redéfinissent leurs objectifs et qu’elles empruntent les chemins de la dignité.
Madame nous sommes pratiquement à la fin de cet entretien. Puissions-nous le clore par un mot d’espérance. Quel est votre vœu le plus cher à l’endroit de la jeunesse Togolaise?
Comme vœu pour cette brave jeunesse togolaise, je voudrais la voir réussir leurs projets. Le drame est que les jeunes n’ont pas de projet ni de vision sur le long terme. Ils veulent tout suite accéder à la gloire oubliant que cette dernière est toujours précédée de la souffrance.
Merci Madame ce fut tout un plaisir d’échanger avec vous, bonne journée !
C’est à moi de vous remercier, le plaisir est partagé !

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