Mali : la méfiance s’installe entre les acteurs politiques

Le Général SiakaToumani Sangaré, le patron de la Délégation générale aux élections (DGE) a souvent l’habitude de dire qu’aucune crise de confiance ne peut permettre la réussite des processus électoraux ou des réformes politiques d’envergure.

La Transition malienne, amorcée depuis le 15 septembre dernier, semble marquée par une crise de confiance entre les acteurs militaires rassemblés au sein du CNSP et les forces politiques du pays. Les premiers estiment avoir « parachevé » la lutte de certains politiques pour renverser le régime IBK. Mais ils tiennent à conduire une Transition politique pouvant refonder l’État malien. Et ils confient que cette refondation devrait se faire dans un esprit non-partisan, donc à eux les premiers rôles dans le but de favoriser la libre compétition électorale des politiques.

Pendant ce temps, les états-majors politiques du pays tiennent à une gestion consensuelle de la période transitoire pour qu’ils puissent impulser le cadre des réformes à venir. C’est ainsi que pour la mise en place du Conseil National de Transition (CNT), les organisations politiques expriment bruyamment leur désaccord par rapport au quota à eux réservé par les responsables du CNSP. Quand ceux-ci s’attribuent 22 sièges sur les 121 de l’institution, les acteurs politiques doivent se contenter d’une quinzaine de postes. Ce qui fait grincer les dents au sein du microcosme politique, qui menace de boycotter le CNT.

Or, certains partis politiques admettent que pour la célérité des réformes à entreprendre avant la tenue des élections, les partis politiques devraient prendre leur distance du jeu institutionnel et jeter toutes leurs forces dans la préparation des échéances électorales. « Comment les partis politiques peuvent-ils bien préparer les batailles électorales à venir s’ils doivent se livrer à des batailles rangées en vue d’occuper des postes ou en vue de trancher des débats d’idéologies ? », se demandent certains observateurs.

La marche institutionnelle du pays, ne sera-t-elle pas frappée d’une lenteur excessive lorsqu’elle est l’œuvre des partis politiques qui ne s’entendent presque jamais sur les changements à amorcer ? Le M5-RFP (les contestataires d’IBK) n’a-t-il pas eu toutes les difficultés pour trouver des personnalités consensuelles au poste de Premier ministre de Transition ? Comment avoir le consensus pour des partis aussi divisés et ambitieux sur les choix à faire ?

Ce sont là quelques questions qui poussent certains analystes à conseiller à la classe politique de concéder un minimum de confiance aux plus hautes autorités de la Transition pour engager les processus politique et électoral. Surtout que le consensus est difficile à trouver avec des chapelles politiques qui convoitent toutes les arcanes du pouvoir, en particulier pour l’élection présidentielle 2022.

Il est donc urgent qu’à travers un dialogue franc et sincère, la classe politique accepte que les responsables du CNSP et une bonne frange de la société civile pilotent avec un minimum de confiance la mise en place du CNT et les réformes envisagées. C’est à ce prix que le délai de 18 mois de la Transition pourrait être respecté, avec l’accompagnement patriotique de la classe politique. Celle-ci se remettra alors en selle à partir de 2022 plus requinquée au gouvernail d’un pays bien mis en forme pour le combat du développement.

source : afriqueactuelle.net

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