Soumeylou Boubèye Maïga cristallisait la colère depuis plusieurs mois. Celle de l’opposition, vent debout depuis la réélection du président Ibrahim Boubacar Keïta l’été dernier, et encore plus depuis le massacre de 160 Peuls à Ogossagou, le 23 mars. La colère aussi des chefs religieux, et notamment du président du Haut Conseil islamique. Mahmoud Dicko avait d’ailleurs réussi à mobiliser des dizaines de Maliens dans la rue, le 10 février et plus récemment le 5 avril, pour demander un changement de gouvernance. Crise sécuritaire, fronde sociale, grève des enseignants, depuis des mois la colère monte et se focalise sur Soumeylou Boubèye Maïga.


Pour des raisons plus politiques, il était aussi très critiqué au sein même du parti du président dont il n’est pas membre. Au RPM, on l’accuse d’être déloyal et d’avoir manœuvré depuis des mois pour déstabiliser et affaiblir le parti. Plusieurs cadres estiment que, depuis des mois, le Premier ministre ne travaillait que pour son agenda personnel. D’où cette motion de censure finalement déposée mercredi.

Jusqu’au dernier instant, les tractations se sont poursuivies dans le camp de Soumeylou Boubèye Maïga pour tenter de faire échec à la démarche des députés.

Selon les informations de nos confrères de RFI, M. Maïga a un temps espéré que le vote soit repoussé à mardi pour gagner quelques jours et rallier suffisamment d’élus à sa cause.

Jusqu’au bout, le président IBK a, semble-t-il, soutenu son Premier ministre. Mais le vote sanction était manifestement inévitable et le scénario d’une démission s’est finalement imposé.

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Selon la présidence malienne, le prochain Premier ministre sera nommé très prochainement. Un nouveau gouvernement sera mis en place après consultation de toutes les forces politiques de la majorité et de l’opposition.