Après Mamoudou Gassama, c’est Mamoud Diallo qui est devenu le nouveau héros après avoir sauvé une de ses collègues de travail qui a été victime d’une agression.

Le jeune Guinéen de 21 ans est un sans-papier vivant à Autrans en Isère. Il est un stagiaire commis de cuisine dans une association dans sa ville.



Le 29 janvier 2019, Mamoud a été témoin d’une scène dans son milieu professionnel. Un de ses ainés, cuisinier muni d’une scie à charcuterie, a abattu sa collègue de travail qui croupissait par terre, et ce, dans un bain de sang.

Mamoud Diallo ou l’histoire de ce sans-papier qui demande la naturalisation française après son acte héroïque
Mamoud Diallo

Alerté par des cris de secours, Mamoud s’engage dans la défense de la jeune dame. Il voit l’agresseur revenir, un cuisinier d’une quarantaine d’années engagé un mois plus tôt, mais cette fois muni d’un grand couteau de boucher, déterminé à tuer la jeune femme.

Mamoud Diallo, sans réfléchir, attrape immédiatement l’agresseur qui tient encore le couteau et parvient à l’emmener dans la cuisine et s’enferme seul avec lui. Au final, il est parvenu à maintenir son supérieur, bien plus imposant que lui.

Pour Mamoud, il fallait prendre le risque même s’il faut mourir car, les Africains sont habitués à la mort, dit-il.

« J’ai compris qu’il allait tuer la fille et peut-être s’en prendre aux autres après. Alors c’était normal que je me sacrifie. Moi, je sais que je vais mourir, je n’ai pas peur. Chaque jour, j’ai ça dans ma tête ! Nous, les Africains, on est habitué », a-t-il expliqué.

Les autorités saluent cet acte de bravoure et soulignent le courage et le sacrifice dont Mamoud a fait montre. « C’est certain, il a sauvé des vies. La gendarmerie de Villard-de-Lans tient à souligner le courage exceptionnel de Mamoud Diallo, qui n’a pas hésité à se sacrifier pour les autres », a souligné M. Ludovic Brassac, adjudant-chef en charge de l’affaire.

Le jeune Guinéen souhaite aussi être naturalisé français et rejoindre l’armée française qu’il apprécie sans réserve.

« Mon rêve est d’intégrer l’armée française. Je regarde tout le temps sur Youtube les militaires en formation. À Autrans, je les vois passer, et je sais que c’est ce que je veux faire. Je ne saurais pas expliquer pourquoi, ça s’est imposé à moi naturellement », a-t-il confié.

Pour l’heure, un rendez-vous a été pris pour le 19 février prochain à l’Office français de Protection des Réfugiés et Apatrides (OFPRA). L’office décidera d’accepter ou non sa demande d’asile. Notons qu’il bénéficie d’un fort soutien des gendarmes dans sa demande de régularisation auprès de la préfecture de l’Isère.

« J’espère que ça pourra aboutir, parce que c’est mérité », a précisé Hubert Arnaud, le maire d’Autrans.