Monsieur Kudavi Nomanyo

Très chers internautes du www.l-frii.com bonjour !
Ce matin, nous sommes à la rencontre de Monsieur Kudavi Nomanyo, Professeur de Lettres au Lycée de Tokoin de Lomé, écrivain-poète, Président du Groupe de Réflexion et d’Action pour la Promotion de la Poésie(GRAAP) pour plancher ensemble sur la question, « Comment réussir son examen de Français ? »
Monsieur Kudavi, bonjour!
Bonjour L-FRII!
D’entrée de jeu Mr, qu’est-ce qui explique ce bas niveau de français constaté chez nos élèves et étudiants togolais ?
Merci, il faut appeler un chat, un chat… Si nos élèves et étudiants ont beaucoup de lacunes en français, c’est compréhensible dans la mesure où ils négligent la grammaire et la lecture ; c’est là, la raison fondamentale de leur bas niveau.
Au baccalauréat au Togo, l’épreuve de français comporte 3 parties : La contraction de texte, la dissertation et le commentaire composé. Selon vous, quelle est la partie la plus facile ?
Exactement, Je vous dirais que tout est facile et tout est difficile à la fois. Si on s’exerce, tout ce qu’on entreprend, on le réussit. Jean Paul Sartre a dit : « Le secret des forts c’est l’effort », un autre a renchéri en disant : « Le génie est fait du travail » donc, chacune de ces trois techniques d’expressions écrites ; si elle est maîtrisée, on la (l’expression écrite) réussirait facilement mais il va de soi qu’on ait des notes minables quand on la néglige.Je peux avouer que personnellement, le commentaire composé est la plus facile.

Quels sont les astuces pour réussir chacune de ces techniques d’expression ?
Procédons, cas par cas :
-La contraction du texte.
On propose un texte et on demande à l’élève de faire trois exercices : faire soit un résumé ou une analyse du texte, formuler à partir du texte un sujet de discussion et enfin discuter le sujet formulé.
Il faut que l’élève soit capable de déceler le message que l’auteur veut véhiculer à partir de son texte. Comme astuce, il y a la méthode du champ lexical et celle du champ sémantique.
Pour le champ lexical à un niveau plus bas, nous parlions des mots de la même famille. Par exemple si dans un texte vous retrouvez des mots comme « école », « bâtiment », « le mât », « enseignant », l’élève peut déjà imaginer ce dont-il s’agit… Pour le champ sémantique, les mots peuvent ne pas être de la même famille mais renvoyer à une même notion. Avec ces deux astuces il peut déceler ce que l’auteur veut faire passer. Pour réussir la contraction, il faut d’abord maîtriser la technique puisque les caractéristiques du résumé sont différentes de celles de l’analyse de texte.-Le commentaire composé : il faut se guérir de la peur qui l’entoure. Il faut s’accrocher au texte qui est donné et montrer ce qu’on a ressenti en le scrutant suivant un plan.
En parlant de plan, il faut l’introduction avec ses trois étapes, le corps du devoir dans le quel il n’est pas permis de séparer le fond de la forme. Dans un centre d’intérêt quand on développe une idée de l’auteur, il faudrait l’illustrer par des extraits du texte. Pour le commentaire il convient de choisir au plus trois centres d’intérêt ou au moins deux. Enfin, la conclusion.
Pour réussir, il faudrait maîtriser le cours, avoir l’habitude de lire les poèmes et s’exercer.-La dissertation : Comme précédemment, maîtriser le cours est capital ! J’ai l’habitude de dire à nos élèves de cesser de prendre la dissertation comme une aventure. Il faudrait qu’ils suivent un plan : l’introduction avec ses 3 étapes, le corps du devoir et la conclusion. Les élèves ont une sale habitude de rédiger tout le devoir sur brouillon avant de réécrire sur sa feuille d’examen. Il est convenable de rédiger d’abord l’introduction et la conclusion ensuite réussir le plan détaillé du corps du devoir au brouillon et enfin habiller ce plan détaillé et alors on fera un bon travail. Pour réussir la dissertation, il faut se cultiver, beaucoup lire car discuter, c’est argumenter et les arguments ne se trouvent que dans les bouquins.

Que devraient faire nos élèves et étudiants pour rehausser leur niveau en français ?
Pour rehausser le niveau, il faudrait qu’ils révisent les règles de grammaire, beaucoup de lecture car la lecture est la clé de la réussite sur les bancs mais avant tout, il faudrait aimer le français.
Je pense qu’il faudrait que nos milieux accordent plus d’importance au français. Quand tout le monde pense que le français est d’ordre secondaire, on n’accorde pas d’importance, et quand on le néglige, on ne réussira malheureusement pas.
Monsieur, nous sommes pratiquement à la fin de cet entretien. Votre mot s’il vous plaît?
Nous les africains des pays francophones, nous avons la sale habitude de singer les occidentaux. Ces pays, avant de se développer ont su accorder beaucoup d’importance à la littérature. Vous imaginez aujourd’hui qu’on puisse vouloir détruire le pont Mirabeau ? Non, car beaucoup d’écrivains ont su abondamment parlé de ce pont qu’il est devenu aujourd’hui un site touristique, on veut aller visiter ce pont car on a lu la description dans un livre. Il faudrait donner à la littérature la place qui lui revient de droit. En faisant allusion au Feu Président guinéen Sékou Touré qui avait dit qu’au lieu de former des littéraires, il faut former les ingénieurs, je dis que c’est une erreur. Je dis même que si nos pays francophones tournent en rond actuellement, c’est parce que nous avons négligé la littérature. Il faut des littéraires pour imaginer, pour concevoir et montrer dans quelle direction aller. Mon mot de fin, c’est qu’on accorde plus de place à la littérature et particulièrement la littérature togolaise.
Merci Monsieur Kudavi Nomanyo et à bientôt.
C’est à moi de vous remercier.
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