Mort de John le Carré : 6 romans incontournables du maître de l’espionnage

« C’est avec une grande tristesse que je dois annoncer que David Cornwell, connu dans le monde sous le nom de John le Carré, est décédé après une courte maladie (non liée au Covid-19) en Cornouailles samedi soir, le 12 décembre 2020. Il avait 89 ans. Nos pensées vont à ses quatre fils, à leurs familles et à sa chère épouse, Jane », a indiqué Jonny Geller, PDG du groupe Curtis Brown, agence artistique basée à Londres.

« Nous avons perdu une grande figure de la littérature anglaise », a-t-il ajouté, louant son « grand esprit », sa « gentillesse », son « humour » et son « intelligence ». « C’est avec une grande tristesse que nous devons confirmer que David Cornwell – John le Carré – est décédé d’une pneumonie samedi soir après une courte bataille contre la maladie », a confirmé sa famille dans un message relayé par son agent.

Double vie : Ecrivain et espion

Il a marqué le monde littéraire par ses écrits. Maître britannique du roman d’espionnage, John Le Carré, également agent secret, a écrit 25 romans et vendu quelque 60 millions de livres dans le monde entier. Sa carrière d’espion avait été ruinée par l’agent double britannique Kim Philby qui avait révélé la couverture de nombreux de ses compatriotes au KGB forçant l’écrivain à démissionner du MI6. Voilà 6 ouvrages qui ont marqué le monde.

“L’espion qui venait du froid” (1963)

Troisième roman de John le Carré, l’auteur lui doit son succès international. Il l’a écrit alors qu’il travaillait encore pour les services secrets britannique. Ce roman de la guerre froide raconte comment Alec Leamas, un agent britannique du MI6 approchant de la retraite, est incité à traverser le Mur séparant Berlin-Est de Berlin-Ouest, pour une dernière mission. Le livre a été adapté au cinéma en 1965 ; Richard Burton a endossé le rôle principal.

“La Taupe” (1974)

Ce roman, chasse aux taupes dans les couloirs du “Cirque”, comme John le Carré surnommait le service de renseignements extérieurs du Royaume-Uni (MI6), fait partie d’une trilogie des années 1970, lui a valu d’être crédité de la paternité du mot “taupe” parmi de nombreux autres termes d’espionnage par le dictionnaire Oxford. Comme le rapporte Franceinfo, le héros timide du romancier, George Smiley, y déjoue les pièges de son rival soviétique, Karla. Le roman a été adapté à la télévision, avec Alec Guinness pour incarner Smiley, et au cinéma en 2011, avec une distribution de stars comprenant Gary Oldman, Colin Firth, John Hurt et Benedict Cumberbatch. 

“La petite fille au tambour” (1983)

Le conflit israélo-palestinien y est à l’honneur. Un chef espion israélien manipule Charlie, une belle actrice anglaise radicale, et la persuade de se faire agent double pour attirer un terroriste palestinien. En 1984, le film a donné lieu à un long métrage, mal accueilli, avec Diane Keaton dans le rôle titre. Le Sud-Coréen Park Chan-wook en a tiré une mini-série en 2018.

“Un pur espion” (1986)

Magnus Pym est un agent double britannique en fuite du MI6 retourné par un maître espion charismatique tchèque. L’action alterne présent et passé, servie par un choix de personnages extraordinaires, dont le père de Pym, inspiré du propre père escroc de John le Carré. “Écrire “Un pur espion” est probablement ce qu’un psy très sage m’aurait conseillé de faire”, écrira plus tard l’auteur.

“Le Directeur de nuit” (1993)

John le Carré a imaginé cette fois une mission secrète destinée à faire tomber un trafiquant d’armes britannique. L’auteur recherchait un nouveau thème après la fin de la guerre froide (1945-1989). Le roman a été adapté en mini-série télévisée en 2016.Tom Hiddleston jouait le rôle de l’ancien soldat britannique Jonathan Pine ; Hugh Laurie incarnait la cible : Richard Onslow Roper, “le pire homme au monde”.

“La constance du jardinier” (2011)

Un thriller absolument captivant ! L’histoire dépeint les machinations des multinationales du secteur pharmaceutique au Kenya. Une adaptation cinématographique en est née en 2005.  Ralph Fiennes y a incarné le diplomate britannique enquêtant sur la mort de sa femme. Pour son rôle d’épouse militante au destin tragique, Rachel Weisz a remporté un Oscar.

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