Un tribunal de Managua a condamné lundi deux syndicalistes proches de l’opposition au régime du président nicaraguayen Daniel Ortega à des peines records de 216 et 210 années de prison pour leur participation l’année dernière à des manifestations. Ils vont faire appel.

L’avocat des opposants a assuré que ces peines étaient d’une gravité «jamais vue auparavant au Nicaragua». Les deux opposants devront purger la peine maximale au Nicaragua de 30 ans de prison.

Medardo Mairena, l’un des leaders de l’organisation d’opposition alliance civique pour la justice et la démocratie, a été condamné à 216 années de prison pour «terrorisme» et six autres délits en relation avec sa participation aux manifestations, qui réclamaient le départ du chef de l’Etat et de sa vice-présidente et épouse Rosario Murillo.

L’accusation lui a notamment imputé une part de responsabilité dans la mort de quatre policiers et d’un civil. Le dirigeant paysan Pedro Mena a quant à lui écopé de 210 années de prison pour les mêmes faits.

Au moins 325 morts

Les violences politiques au Nicaragua ont fait l’année dernière plus de 325 morts, pour la plupart dans les rangs de l’opposition, selon les organisations de défense des droits de l’homme. Plus de 700 opposants ont été jetés en prison et encourent de lourdes peines, notamment sous l’accusation de terrorisme.

Medardo Mairena était membre de la délégation des organisations d’opposition qui a participé à une ébauche de dialogue avec le gouvernement sous les auspices de l’Eglise catholique en mai 2018. Le président Daniel Ortega avait rapidement mis fin à cette tentative de trouver une issue pacifique à la crise.

En 2013, Medardo Mairena avait pris la tête du mouvement paysan d’opposition au projet de canal interocéanique défendu par Daniel Ortega et qui menaçait d’expropriation plusieurs milliers de personnes dans le sud du pays.

Avec Nxp/Ats