La police nigériane a annoncé, samedi 19 octobre, avoir mené un nouveau raid dans une école religieuse du nord du Nigeria. 150 élèves y étaient détenus, victimes d’abus et de traitements dégradants au quotidien.

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Cette nouvelle opération policière, la quatrième en un mois, met une nouvelle fois en lumière les dérives des « écoles Almajiri » au Nigeria, entre institutions religieuses et centres de redressement aux méthodes brutales.

En quelques semaines, près de 1 000 jeunes ont été libérés par la police nigériane au cours d’interventions dans des écoles religieuses du nord du pays.

Fin septembre, 300 garçons ont été découverts dans la ville de Kaduna. Les plus jeunes étaient encore des enfants. Leurs corps portaient les marques des sévices subis tels que des actes de torture en tout genre et même des abus sexuels.

Dans les jours qui ont suivi, de nouveaux raids ont permis de porter secours à 400 jeunes hommes dans deux autres écoles religieuses. Certains pensionnaires avaient pu s’enfuir et donner l’alerte.

Cette fois-ci, la police a donc indiqué, samedi, avoir libéré 150 « étudiants » de plus, dans le district de Kaduna dont 22 femmes se trouvaient aussi parmi eux.

Au Nigeria, 9 millions d’étudiants seraient enrôlés dans ce type d’écoles islamiques privées, appelées « écoles Almajiri ». Il s’agit souvent de la seule alternative pour la scolarisation des enfants les plus pauvres, dans une région marquée par la déliquescence des structures de l’État. Pour certains parents, c’est aussi une manière de placer un enfant difficile, délinquant ou sous addiction à la drogue.

Les dérives sont nombreuses et ces institutions se transforment parfois en véritables « maisons de l’horreur ».

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Consciente du problème, la présidence nigériane a fait part, au mois de juin, de sa volonté de réformer le système Almajiri. La multiplication des raids contre ces écoles controversées pourrait être le signe que les autorités ont décidé de passer à l’action.

Avec RFI