Nigeria : risque d’effondrement de l’aide du Programme alimentaire mondial

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Crédit Photo : DR

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Le Programme alimentaire mondial (PAM) pourrait réduire de près de 90% le nombre de bénéficiaires de son aide au Nigeria, les pays donateurs ayant considérablement réduit leurs budgets, a déclaré ce vendredi 30 janvier 2026, à l’AFP un haut responsable du PAM.

Le programme alimentaire d’urgence des Nations unies a déjà considérablement réduit son aide dans le pays le plus peuplé d’Afrique ces dernières années, passant de deux millions de bénéficiaires par mois il y a deux ans et demi à 650.000 actuellement, principalement dans le nord-est du pays, déchiré par un conflit jihadiste depuis 2009.Et ce chiffre pourrait chuter à 72.000 bénéficiaires dans les semaines à venir sans fonds supplémentaires, a déclaré Matthew Hollingworth, directeur exécutif adjoint des opérations du PAM, lors d’un entretien avec l’AFP à Abuja, la capitale nigériane.

« Ce chiffre de 650.000 personnes est déjà une priorité absolue, car nous ciblons les plus vulnérables parmi un nombre plus important », a expliqué M. Hollingworth.

Le risque d’insécurité alimentaire s’accroît dans le pays le plus peuplé d’Afrique, notamment du fait de la dégradation de la situation sécuritaire ces derniers mois.

Le PAM avait prévenu en novembre que « 35 millions de personnes devraient être confrontées à une grave insécurité alimentaire pendant la saison de soudure de 2026 » au Nigeria, qui compte environ 230 millions d’habitants.

Sous la présidence de Donald Trump, les États-Unis ont fortement réduit leur aide étrangère, tandis que d’autres pays donateurs importants ont également resserré leur budget.

Malgré les richesses pétrolières du Nigeria, plus de 60% de la population vit dans la pauvreté, selon la Banque mondiale.

Des groupes armés contrôlent des pans entiers du nord-ouest et du nord-est du pays, limitant l’accès aux exploitations agricoles et augmentant l’insécurité alimentaire.

Pour réduire les coûts des aliments distribués, les organisations humanitaires au Nigeria se tournent de plus en plus vers le « Tom Brown », un mélange de soja, de céréales et d’arachides produit localement, comme alternative aux denrées alimentaires importées destinées à lutter contre la malnutrition, a indiqué M. Hollingworth.

© Agence France-Presse

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