Nissan a fait état mardi d’une dégringolade de ses profits annuels, de mauvais résultats qu’il a mis sur le compte de son ancien patron Carlos Ghosn.

L’intégration plus poussée de Nissan avec Renault n’est décidément pas à l’ordre du jour. Les tensions entre les dirigeants des deux marques sont encore montées d’un cran à l’occasion de la présentation des résultats du constructeur japonais. Sur l’exercice clos fin mars, Nissan a dégagé un bénéfice net en baisse de 57 % sur un an, à 319 milliards de yens (2,5 milliards d’euros), loin de son objectif initial.



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Investissements excessifs

Le patron de Nissan, Hiroto Saikawa, a reconnu des « résultats médiocres », mais « la plupart des problèmes que nous rencontrons sont l’héritage négatif de la précédente direction », a-t-il dit, en référence à l’ère Ghosn, qui a duré près de deux décennies. Lors d’une conférence de presse au siège du groupe à Yokohama (banlieue de Tokyo), celui qui a pris les commandes exécutives du constructeur en avril 2017 a ainsi blâmé « des investissements excessifs » et une artificielle course aux volumes qui a longtemps masqué le vieillissement des modèles.

Alliance déstabilisée

Il y a aussi eu l’impact de l’affaire Ghosn elle-même, que Nissan a largement contribué à déclencher. « Pour vous dire la vérité, il y a eu un moment où nous n’avons pas pu nous concentrer sur notre activité », juste après l’arrestation surprise de M. Ghosn le 19 novembre sur des soupçons de malversations, a souligné M. Saikawa. L’affaire a aussi déstabilisé l’alliance formée avec Renault et Mitsubishi Motors, mais M. Saikawa a jugé prématuré tout projet d’intégration. « Ces résultats ne sont pas une bonne nouvelle pour l’Alliance », a réagi un porte-parole de Renault, jugeant au contraire une union plus nécessaire que jamais « face à une concurrence qui ne nous attend pas ».

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Ghosn a les épaules larges

Nissan n’avait pas connu de bénéfice net aussi bas depuis 2010/11. À l’époque, il se remettait lentement de la crise financière mondiale et venait d’être touché par les effets industriels des terribles séisme et tsunami de mars 2011. Sur la période passée en revue, le pionnier de la technologie électrique avec sa citadine Leaf et le fabricant des crossovers Rogue, Qashqai et X-Trail a écoulé 5,5 millions de véhicules, avec des baisses marquées aux États-Unis et en Europe. Pour Christopher Richter, analyste de CLSA basé à Tokyo, « on ne peut pas rejeter tout le blâme sur Carlos Ghosn. M. Saikawa est aux manettes depuis plus de deux ans, c’est la moitié d’un cycle de voiture ».

Avec Le Point