Des arbres tropicaux, submergés dans le plus grand lac artificiel du monde, au Ghana, pourraient être utilisés pour reconstruire la cathédrale Notre-Dame-de-Paris. Mais la récolte de ce bois risque d’impacter l’écosystème local.

Presque six mois après l’incendie qui a ravagé la cathédrale Notre-Dame-de-Paris, la sécurisation du site est toujours en cours. Il faudra attendre début 2020 pour que les travaux de reconstruction puissent commencer. Un immense chantier, qui pourrait utiliser du bois provenant du Ghana, rapporte la BBC.



Présentant les mêmes caractéristiques que les chênes ayant permis de bâtir la cathédrale au XIIe siècle, ce bois ghanéen provient d’une forêt engloutie par les eaux du lac Volta, le plus grand lac artificiel du monde.

50 millions de dollars

Depuis 1965, lorsque la construction d’un barrage a inondé une partie du bassin, ces arbres tropicaux se sont en effet retrouvés en partie submergés. Mais un demi-siècle passé dans l’eau n’a pas entraîné leur décomposition. Cette longévité serait un gage de qualité, assure l’entreprise ghanéenne qui a reçu l’autorisation de l’État d’exploiter cette forêt subaquatique.

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La société a soumis sa proposition au gouvernement français, qui n’y a pas répondu pour l’instant. Si l’utilisation de ce bois venait à être validée, cela représenterait une facture d’environ 50 millions de dollars (45 millions d’euros). Ce bois, dont la densité peut varier de 650 kg à 900 kg par mètre cube, est déjà exporté vers l’Europe, ainsi qu’en Afrique du Sud, en Asie et au Moyen-Orient.

Quels risques pour l’environnement ?

Cette exploitation pour le chantier de Notre-Dame serait une aubaine pour l’économie locale, mais pourrait aussi avoir des conséquences écologiques. La récolte de ce bois aurait en effet un impact sur l’écosystème du lac. « Cela détruit l’habitat où les poissons pondent leurs œufs. Certains sont maintenant en danger. Si vous parlez aux pêcheurs le long du lac, ils se plaignent amèrement », a déclaré à la BBC Stephen Anani, chargé de projet à l’organisation non-gouvernementale locale Friends of the Nation.

L’empreinte carbone potentielle d’une telle livraison entre le Ghana et la France fait également l’objet de critiques.

De son côté, l’entreprise ghanéenne qui se chargerait de l’exploitation soutient que les arbres ne sont pas déracinés mais coupés, ce qui laisse une partie du tronc et toutes les racines intactes, minimisant ainsi l’impact environnemental.

ouest-france.fr