Présidentielle américaine : à Minneapolis, l’ombre de George Floyd pèse sur les élections

Cinq (5) mois après la mort de George Floyd aux mains de la police, la ville de Minneapolis (Minnesota) porte encore les stigmates des nuits de révolte qui ont embrasé cette partie de l’Amérique pendant plusieurs jours en mai dernier. A l’intersection de la 38e rue et de l’avenue de Chicago, un carrefour autrefois banal est devenu un lieu de mémoire.  “Zone sans police” peut-on lire sur l’un des panneaux installés sur la chaussée. C’est à cet endroit que Georges Floyd est mort étouffé en mai dernier lors de son interpellation par un policier blanc, Derek Chauvin. Un “crime raciste”, lit-on sur un graffiti écrit en lettres capitales sur un des murs.

Ce mémorial improvisé, tapissé de peintures murales et de gerbes de fleurs, est toujours occupé par des manifestants. Si la ville de Minneapolis a retrouvé le calme, la colère des habitants elle n’est pas retombée. Lunettes de soleil et dreadlocks, Taylor est membre du collectif Black Live Matter (en français, “Les vies noires comptent”). Cet afro-américain revient ici chaque jour pour commémorer la mort de George Floyd. Mais le temps ne fait rien à l’affaire, et sa colère n’est pas retombée, au contraire.

« Regardez Donald Trump pendant les débats : il sait qu’il y a des suprématistes blancs, mais il n’a pas voulu les condamner ni dire comment il voulait agir contre eux. Vous croyez qu’on n’a pas entendu ça ? », s’exclame-t-il.

De la fureur mais aussi et surtout un sentiment de méfiance vis-à-vis de la police. « D’une certaine façon, on soutient la police. Sans la loi, ce serait le chaos. Mais j’essaie de limiter mes contacts avec les policiers à tout prix. Ils me font vraiment peur », confie un habitant de South Minneapolis, le quartier où résidait justement George Floyd. Son calvaire, filmé et mis en ligne par une passante, a suscité une émotion bien au-delà des frontières américaines et conduit des millions de personnes à descendre dans les rues du pays pour réclamer des réformes de la police et la fin des inégalités raciales.

A quelques encablures de là, une gigantesque montagne de gravats témoigne aujourd’hui encore des saccages et des trois nuits de violence au cours desquelles les destructions n’ont pas connu de répit. En effet, pas moins de 700 bâtiments ont été endommagés. “C’est comme si le ciel nous était tombé sur la tête”, confie un Français qui réside à Minneapolis depuis trente ans, encore sous le choc. “Minneapolis est pourtant l’une des villes les plus progressistes du pays”, souligne-t-il.

Avec LCI.