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Présidentielle en Côte d’Ivoire : ce qui se passe dans la tête de Ouattara

A l’approche de la présidentielle 2020 en Côte d’Ivoire, Jean Bonin s’interroge sur ce qui se passe dans la tête du président Ouattara.

Faire la politique est un exercice périlleux sous nos cieux. Il faut avoir une grande capacité de résilience pour traverser ces torrents de feu qui sont tout sauf un long fleuve tranquille.

Que ne donnerai-je pas pour être dans la tête du président de la république, par ailleurs président et candidat du RHDP.

Perdre chaque jour, de façon irréversible, un ami ou un allié n’est pas chose facile.

Le PDCI et Bedié sont partis. Mabri et l’UDPCI, Soro et le GPS. Mais avant eux il y a eu Anaki et son MFA, Gnamien Konan et son parti. Après eux il y a eu Amon Tanoh, puis Kablan Duncan et j’en passe.

Quand on en arrive à être lâché de la sorte par des gens qui hier ne juraient que par vous c’est quelque part que votre influence s’est passablement et durablement effritée.

Lorsqu’etre reçu par son homologue, le chef de l’Etat français, devient un véritable chemin de croix et qu’après l’audience péniblement obtenue il vous impose le supplice assourdissant de l’omerta c’est nécessairement que ça sent le roussi.

Lorsque vous arrivez à vous mettre à dos quasiment tous les opposants de votre pays alors que jusque-là ils n’arrivaient même pas à organiser de concert la moindre activité politique c’est que vous avez franchi le rubicon.

Lorsque vous avez des Patcheco et des Adjoumani comme les meilleurs attaquants de votre équipe c’est que le championnat est perdu d’avance.

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Lorsqu’après l’UA (CADHP) et l’UE (Haut Représentant), l’ONU, elle aussi vient fourrer son nez, sans le moindre cache-nez diplomatique, dans tes affaires c’est qu’un travail d’étouffement, tel un constricteur, est en marche, en attendant que la CEDEAO enfonce le clou.

Arriver à liguer tout le monde contre soi est déjà une extraordinaire performance en soi. Mais qu’à cela ne tienne, nous avions été prévenus : la Côte d’Ivoire étonnera le monde. Nous y sommes, en plein dans l’oeil du cyclone.

Lorsqu’une seule tête doit supporter tout ce poids, c’est que le cou ne tardera pas à céder. La tête a mal. Il lui faut un remède de cheval. Le paracétamol n’y fera rien. Les antalgiques n’y pourront rien.

Il existe pourtant un remède efficace et très peu coûteux. Le dialogue. Quand on est un (vrai) Houphouétiste on ne doit pas craindre de dialoguer. C’est l’arme des forts disait le vieux. Le sage…

Asseyons-nous donc et discutons.

Jean Bonin

Juriste

Citoyen Ivoirien.



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