Laurent Gbagbo, l’ancien président de Côte d’Ivoire et Charles Blé Goudé, l’ex-leader des Jeunes patriotes sont en attente du verdict final. Tous deux sont poursuivis pour crime contre l’humanité. Les dernières audiences ont permis à la défense de plaider l’acquittement et d’exposer son argument principal, le manque de fiabilité du dossier du procureur. La CPI avoue : les preuves contre Gbagbo étaient fausses.



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Le doute a suffisamment plané sur l’authenticité de nombreux documents militaires, du registre de la résidence, et de papiers d’état-civil fournis par l’accusation dans le procès Gbagbo et Blé Goudé. Un document, en date du 16 juillet 2019 explique la position du juge Cuno Tarfusser, qui a dirigé le procès de Gbagbo et Blé Goudé à la Cour pénale internationale (CPI). Un document qui est revenu sur les éléments ayant fondé sa position d’acquitter les accusés. « Ma conviction que les deux accusés devraient être acquittés est fondée sur l’évaluation des éléments de preuve et sur leur exceptionnelle faiblesse », énonce-t-il d’entrée.

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Autre chose importante, le juge-président qui a dirigé les débats a affirmé : « Pendant près de deux ans, j’ai assisté à l’étiolement de la cause du Procureur dans la salle d’audience, où les témoins, qui allaient de la plus humble des victimes aux plus haut gradés de l’armée ivoirienne, ont les uns après les autres systématiquement affaibli, lorsqu’ils n’ont pas complètement décrédibilisé, la thèse qu’ils étaient « censés » soutenir, le Procureur les ayant cités à comparaître à cette fin ».

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Pour lui, en effet, plusieurs documents brandis en guise de preuve, pêchaient par leur manque de crédibilité. « Pendant près de quatre ans, j’ai aussi passé au crible des montagnes de documents qui appuyaient cette thèse, mais dont aucun n’en a apporté un commencement de confirmation, qu’ils soient pris individuellement ou dans leur ensemble. Comme cela est souligné dans les motifs, nombre de ces documents étaient d’authenticité douteuse », assène le juge Tarfusser.

Autant de raisons qui ont fondé sa conviction de relâcher, le 15 janvier 2019, les accusés Laurent Gbagbo et Blé Goudé, dont le procès s’était ouvert le 28 janvier 2016.