Programme de Réparation du HCRRUN : les journalistes outillés pour un accompagnement efficient

Programme de Réparation du HCRRUN : les journalistes outillés pour un accompagnement efficient

Le Haut-commissariat à la Réconciliation et au Renforcement de l’Unité nationale (HCRRUN) a outillé les journalistes de la presse en ligne du 15 au 16 novembre 2018, à Lomé, pour leur accompagnement dans la mise en œuvre du Programme de Réparation.

Ces ateliers, organisés avec l’appui du Programme des Nations Unies pour le Développement (PNUD), s’inscrit dans le cadre d’une série de formation à l’intention des différents types de médias prévue à Lomé du 14 au 21 novembre 2018 et à Kara les 23 et 24 novembre 2018.

L’atelier destiné aux médias en ligne a réuni une cinquantaine de participants autour des responsables de cette institution.   L’ouverture des travaux de la première journée a été faite par la présidente du HCRRUN, Mme Awa Nana Daboya qui, dans son intervention, « a salué le travail abattu par la Commission Vérité Justice Réconciliation (CVJR) et invité les journalistes à apporter leur contribution pour que le travail fait par le HCRRUN soit perçu au-delà de nos frontières ».

Au total, cinq (5) communications ont meublé les travaux de ces journées. Il s’agit essentiellement de ‘La justice transitionnelle’ ; ‘Le mandat et la mission du HCRRUN’ ; ‘La présentation de la première étape de la prise en charge et psychologique des victimes de 2005 (décembre 2017-Septembre 2018)’ ; ‘Les étapes de la prise en charge des victimes (manuel de la prise en charge)’ et ‘Le Rôle des journalistes dans l’accompagnement du HCRRUN’.

Ces communications ont été présentées, respectivement, par Mme Claudine Ahianyo-Kpondzo, deuxième Rapporteur du HCRRUN, M. Evalo Wiyao, premier Rapporteur du HCRRUN, M. Kokou Fayrouze, Directeur Exécutif Adjoint de l’ONG Aimes- Afrique, Mme Antoinette Mbrou, Assistante principale du HCRRUN et M. Bonchemin Adry, journaliste, chargé de communication du HCRRUN.

Les travaux ont été dirigés, par Monsieur Badjibassa BABAKA, Rapporteur de la Haute Autorité de l’Audio-Visuel et de la Communication (HAAC), en qualité de Modérateur.

La première communication, présentée par Mme Claudine Ahianyo-Kpondzo a permis aux participants de s’imprégner des fondements, des piliers, et des étapes de la justice transitionnelle et sa mise en œuvre au Togo. La justice transitionnelle est l’ensemble des mécanismes judiciaires ou non judiciaires qui visent à faire sortir un pays d’un passé divisé à un avenir partagé.

C’est un mécanisme qui repose sur quatre (4) piliers : le droit de savoir ou encore le droit à la vérité, le droit à la justice, le droit à la réparation et les garanties de non-répétition. En ce qui concernela réparation dont le HCRRUN est chargé de la mise en œuvre, cinq formes ont été retenues : la restitution, l’indemnisation, la réadaptation, la satisfaction, les garanties de non-répétition.

La deuxième communication donnée par M. Evalo Wiyao, a concerné la genèse du HCRRUN et son mandat. Il est à retenir globalement que le Haut-Commissariat à la Réconciliation et au Renforcement de l’Unité Nationale (HCRRUN), est l’aboutissement d’un long processus politique pour répondre aux aspirations des acteurs politiques qui ont signé un accord politique après les présidentielles d’avril 2005.

Quant à au mandat de l’institution, il porte spécifiquement sur la réconciliation et la consolidation de l’unité nationale. Cette institution qui émane de la recommandation  N° 57 de la CVJR devra ainsi œuvrer pour la réconciliation nationale à travers le programme de réparation et d’indemnisation des victimes. En somme, c’est la CVJR qui a recommandé la création du HCRRUN et un fonds spécial a été mis à disposition pour l’indemnisation des victimes.

La troisième communication faite par M. Kokou Fayrouze a porté sur la première étape de la prise en charge médicale, psychologique des victimes de 2015. Le Directeur Exécutif Adjoint de l’organisation chargée de cette prise en charge a présenté le rapport de la période couvrant décembre 2017 à septembre 2018.

Ce rapport rend compte de la phase de prise en charge des victimes vulnérables et non vulnérables et des pathologies rencontrées par spécialité. En ce qui concerne la prise en charge, 123 victimes vulnérables et 2287 victimes non vulnérables dans les cinq (5) régions économiques du pays ont été traitées et suivies par Aimes Afrique.

S’agissant des pathologies rencontrées dans les huit (8) spécialités (la psychologie, la médecine interne, la chirurgie générale, l’ophtalmologie, la neurologie, la stomatologie, l’urologie, la gynécologie), on peut citer des troubles psychomatiques, des bras amputés, des balles dans le corps, des viols et traumatisme psychologique, des invalides, des déchirures à la hanche, des troubles auditifs, etc.

Dans la communication animée par Mme Antoinette MBROU, Assistante principale du HCRRUN, il a été question de présenter les différentes étapes de la prise en charge des victimes. Le programme de réparation des victimes s’inscrit dans l’axe 3 du plan stratégique du HCRRUN « Apaiser les cœurs et atténuer les douleurs et les souffrancesphysiques, morales et psychologique des victimes et des Togolais ».

Pour prendre en compte toutes les victimes, le HCRRUN a développé plusieurs stratégies. En ce qui concerne la prise en charge et l’indemnisation, elle se résume à une prise en charge psycho-médicale et d’une indemnisation pécuniaire selon une fourchette de montant fixée par la CVJR. Ces montants ont été définis en se basant sur les différents préjudices subis par les victimes vulnérables et victimes non vulnérables.

Pour prendre en charge les victimes vulnérables, dix-sept (17) étapes au total ont été retenues pour cette mission et quinze (15) étapes pour les victimes non vulnérables.

M. Bonchemin Adry a entretenu les participants sur le rôle du journaliste dans l’accompagnement du HCRRUN. Sa communication s’est articulée autour de quatre (4) grands points. Il s’agit des généralités sur le rôle du journaliste dans la société, la compréhension de la justice transitionnelle dans le contexte togolais, la nécessité d’assurer une couverture objective des travaux et comment accéder aux sources d’informations relatives aux activités du HCRRUN.

Il faut retenir de cette communication que la vérification d’un fait est un aspect très important dans le journalisme et c’est d’ailleurs ce qui le différencie des fanatiques des réseaux sociaux.

Le rôle du journaliste se définit donc en fonction de chaque Etat. En plus du divertissement, le média est la première source de connaissance, d’éducation et d’information des populations.

Quant à la justice transitionnelle dans le contexte togolais, cela se comprend à travers le mandat de la CVJR. Au Togo, l’Etat a choisi de prendre les responsabilités de toutes les violences politiques pendant la période 1958 – 2005 comme l’a exprimé le Chef de l’Etat le 3 avril 2012 lors de la réception du rapport de la CVJR et ce choix n’est rien d’autres que le choix de la stabilité au lieu de la justice punitive.

« L’Etat togolais ne conteste pas sa responsabilité pour avoir failli à son obligation d’assurer la protection et la sécurité des ressortissants pendant les éruptions de violences du passé », dixit S.E.M. Faure Gnassingbé, Président de la République togolaise.

Parlant du rôle du journaliste, la recommandation 22 de la CVJR montre clairement que le journaliste joue un rôle prépondérant dans la société. Il est donc nécessaire d’assurer une couverture objective.

Le HCRRUN dispose de divers moyens pour communiquer sur les actions menées à chaque étape. Il existe entre autres les communiqués officiels, le site internet, les médias sociaux, les radios, les télévisions, etc.

Il faut rappeler que le HCRRUN respecte et exige la confidentialité des victimes, c’est d’ailleurs pour cette raison que l’intégration des images illustratives n’est pas faite dans les présentations, et ce, au risque de blesser doublement les victimes.

Il est à noter que 2.510 victimes sur les 22.415 recensées par la CVJR, ont été prises en charge pour le compte de la première étape de réparation. Il est important de retenir que le programme de réparation est une indemnisation et non un dédommagement.

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