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“Quel exploit vous distingue ? Samuel Eto’o est incomparable… Laissez…”, coup dur pour Roger Milla

Qui mérite que le stade de Japoma porte son nom ? Selon Christian Ntimbane Bomo, plusieurs stars camerounaises sont éligibles. Dans une lettre publiée sur son compte Facebook à l’intention de Roger Milla, l’acteur de la société civile des réconciliateurs l’a expliqué clairement à l’ancien lion indomptable.

Monsieur Roger Milla,

Votre demande de béatification au stade de Japoma, est sans fondement historique ou mémoriel. Elle trouve plus sa véritable justification dans cette montée en puissance déplorable  du repli identitaire. Parce que le Stade de Japoma est situé dans votre village, il devrait porter votre nom et non celui d’un autre.

Sinon pourquoi ne demanderiez-vous pas, que le Stade Olembe à Yaoundé, jusque-là non baptisé, puisse aussi   porter votre nom ? Quel exploit historique, ou acte mémoriel vous distingue de tous les autres coéquipiers des lions indomptables, pour vous accorder, à vous seul, cette reconnaissance ? Vous avez été, certes un excellent joueur de l’équipe nationale ayant  hissé très haut le nom du Cameroun, mais pas le seul.

Vous n’êtes pas, par exemple  plus méritant à l’équipe nationale que le gardien de buts Thomas Nkono. Ou encore comparativement aux générations présentes, de Samuel Eto’o, meilleur buteur jusqu’à la date de la coupe d’Afrique des nations, 05 fois ballon d’or africain, où vous n’en avez que deux, double fois champion d’Afrique tout comme vous,  champion olympique, 118 sélections et 56 buts, là où vous pointez 102 sélections et 36 buts.

Au niveau professionnel, Samuel Eto’o, c’est incomparable : 4 fois vainqueurs de la ligue des champions, la plus grande compétition de clubs au monde, 02 fois meilleur buteur du plus grand championnat du monde, l’Espagne…. Monsieur  Roger Milla, s’il est bien vrai que le Stade de Japoma est  construit pour recevoir essentiellement des matchs de football, il n’en demeure pas moins que c’est une infrastructure publique tout comme un pont, une route…

Il ne faut donc pas  forcément qu’un stade de football porte le nom d’un footballeur.

En RDC par exemple, le stade des Martyrs de la Pentecôte de Kinshasa avec ses 80.000 places  remémore les victimes  de la dictature de Moboutou dont Anani, Bamba, Mahala et kimba pendus à cet endroit le 1er juin 1966.

Le Cameroun a connu des hommes de grande valeur qui méritent plus que vous,  d’avoir leur nom sur le fronton de ce stade. Je pense à Douala Manga Bell,  Martin Paul Samba, Um Nyobe, Félix Moumie et à tous ces enfants du Cameroun morts pour que nous ayons un pays souverain appelé Cameroun.

L’histoire d’un pays s’écrit avec des mémoires et non avec  des émotions. Celles que vous avez données  au public camerounais, avec vos excellents buts à la coupe du monde  90, ne  suffisent pas à vous mettre au-dessus de ceux qui ont coulé de leur sang  pour le Cameroun.

Et s’il fallait à tout prix célébrer le nom d’un footballeur au stade de Japoma, c’est celui de Marc Vivien Foé, qui,  légitimement apparaîtrait comme la reconnaissance de la patrie  à sa mort sacrificielle  sur un terrain de football, parce qu’il défendait  les couleurs du Cameroun.

Cher Roger Milla, vous êtes le seul footballeur camerounais qui a bénéficié de plus de sollicitude de l’Etat.  Vous êtes ambassadeur, avec rang de ministre et tous les avantages et traitements qui vont avec.  Soyez en fier. Laissez l’histoire du  Cameroun continuer à s’écrire.  Elle fait son chemin.

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