Rechercher
Fermer ce champ de recherche.

Sexualité : qu’est-ce que la nymphomanie et comment vivre avec ?

Facebook
Twitter
WhatsApp

L’hypersexualité, aussi appelée de façon non appropriée “nymphomanie”, désigne une fréquence excessive, croissante et non contrôlée du comportement sexuel. Quels sont les signes de la nymphomanie ? Comment expliquer l’hypersexualité et comment la soigner ?

L’hypersexualité se manifeste par des comportements sexuels addictifs, qui entraînent bien souvent des conséquences néfastes sur la vie et les relations du sujet.

Qu’est-ce que l’hypersexualité ?

“L’hypersexualité est une notion qui est à la fois médicale et sociétale. On parle d’hypersexualité de façon très volubile dans les conversations, or l’hypersexualité est un trouble qui relève à la fois du champ de la psychologie, de la psychiatrie, des addictions et de la sexologie. On définit l’hypersexualité comme une fréquence excessive, voire croissante, et non-contrôlée du comportement sexuel”, explique Isabelle Gace.

La notion clé qui distingue l’hypersexualité non problématique de l’addiction sexuelle c’est la souffrance. “Ce qu’on prend en compte, ce n’est pas tant le nombre de rapports sexuels ou de masturbations, c’est les conséquences négatives que l’hypersexualité va avoir sur la personne, voire sur le couple”, ajoute la sexologue clinicienne. “Il y a des personnes qui vont être dans des sexualités dites addictives, mais qui ne vont pas en subir de conséquences négatives”.

Quels sont les signes d’une hypersexualité ?

“Quand on parle d’addiction sexuelle, on parle de compulsion sexuelle, de pensées, de fantasmes qui envahissent l’espace psychique et qui font que le seul objectif lorsque le sujet se lève le matin c’est de répondre à ce besoin de compulsion”, indique Isabelle Gace.

Alors, comment reconnaître l’hypersexualité ? La sexologue rappelle que les personnes qui sont dans cette problématique-là sont dans une souffrance. Il existe également d’autres facteurs :

La masturbation compulsive : “On est sur des fréquences de 5 à 15 fois par jour, et la conséquence ça va être des blessures au niveau des organes génitaux”, souligne la professionnelle.

La dépendance à des formes anonymes de sexualité, “voire à des formes de sexualité payante” avec la prostitution, la pornographie, la sexualité par téléphone et le cybersexe.

Une envie irrépressible et un besoin d’assouvir ce désir sexuel. “On parle d’envahissement du psychisme parce que toute l’activité personnelle tourne autour de ce besoin de satisfaire cette compulsion”, précise Isabelle Gace.

Quelles sont les causes de l’hypersexualité, dite nymphomanie ?

Parmi les causes de l’hypersexualité ou de la compulsion sexuelle, on retrouve des difficultés comme l’anxiété, des troubles psychologiques ou psychiatriques avec des personnes qui souffrent de bipolarité.

“C’est une tentative de chercher une solution mais avec des conséquences négatives pour la personne”, souligne Isabelle Gace.

Il existe aussi des causes neurologiques. “Il peut y avoir des dommages au niveau du système limbique et, dans ce cas, il faut travailler avec un neuropsychologue pour pouvoir éliminer dans un diagnostic différentiel toutes les causes potentielles”, détaille-t-elle.

“Ces dernières années, on a également identifié des causes médicamenteuses à l’hypersexualité, notamment chez les personnes qui sont sous médicament antiparkinsonien”, rapporte la sexologue clinicienne.

Nymphomanie : comment soigner l’hypersexualité ?

La souffrance engendrée par l’hypersexualité doit faire l’objet d’une prise en charge pluridisciplinaire. Il est recommandé de consulter un médecin. Il peut s’agir du médecin traitant, d’un médecin sexologue, d’un psychiatre, ou encore un médecin addictologue. “La prise en charge va prendre beaucoup de temps car il va falloir décortiquer dans quel contexte apparaît l’hypersexualité”, affirme Isabelle Gace.

“Il faut travailler sur les problématiques d’anxiété, sur un trauma, sur le plan cognitif. Il est recommandé de consulter un thérapeute spécialisé dans les addictions ou encore de se joindre à des groupes de parole, tels que Dépendants Affectifs et Sexuels Anonymes (DASA). Un traitement médicamenteux pourra également être proposé, afin de gérer l’anxiété et l’angoisse et d’éviter ainsi la compulsion.