Rama X, le Roi de Thaïlande depuis 2016, n’a désormais plus à construire sa réputation de roi tyrannique. Entre répudiations à la chaîne et constitution d’un harem en Bavière, le fils de Rama IX n’en finit plus de choquer les médias du monde entier. Décrié et détesté, le monarque thaïlandais doit en partie son statut à une règle archaïque : celle de la primogéniture masculine, autrement dit, l’accession au trône aux seuls héritiers mâles. Mais pas seulement. Une mystérieuse disparition a également fini de sceller sa destinée : celle de son oncle, Rama VIII.
Le 9 juin 1946, le souverain thaïlandais, né Ananda Mahidol, meurt à l’âge de 20 ans. Dans la matinée, un coup de feu a retenti et le jeune homme a été retrouvé dans sa chambre, étendu sur le dos, le visage ensanglanté tourné vers le plafond. Dans un élan de justice expéditive, trois coupables sont désignés parmi les serviteurs royaux, qui seront condamnés à mort pour leur « crime ». Mais que s’est-il réellement passé ? La question demeure, alors que nombreuses théories ont circulé.
Meurtre, accident ou suicide ? Difficile de démêler ce qui relève de la rumeur et de la réalité. Car les livres qui ont tenté de définir les causes exactes de la mort de Rama VIII n’ont abouti, pour la plupart, qu’à des affirmations sans preuve. Certains penchent pour un assassinat politique fomenté par le premier ministre de l’époque, tandis que d’autres suggèrent la thèse de l’accident. La théorie du suicide par amour (le jeune souverain aurait été amoureux d’une jeune femme en Suisse) a été jugée peu probable.
Une certitude demeure : le contexte instable dans lequel le jeune homme a accédé au trône. En 1935, Rama VIII est devenu roi à l’âge de 9 ans, après l’abdication de son oncle, le roi Rama VII. Trois ans auparavant, la monarchie absolue avait été renversée par un coup d’Etat militaire, aboutissant à des relations tendues entre la royauté et les nouveaux dirigeants du pays.
