Tiken Jah sur le 3e mandat de Ouattara : “Quand la mort du premier ministre Amadou Gon Coulibaly est arrivée”

Après avoir dénoncé les troisièmes mandats en Afrique, le prétendu silence de l’artiste Tiken Jah Fakoly à propos de la réélection du président Ouattara avait suscité de nombreuses polémiques. 

Le reggaeman revient donc à la charge pour expliquer son attitude. C’était au cours d’un entretien accordé au confrère 7info, dont un extrait a été publié ce jeudi 20 janvier 2022, sur la page officielle Facebook de notre source.

Tiken Jah Fakoly, artiste Reggae engagé, n’a cessé de dénoncer dans ses chansons les dérives du pouvoir de certains dirigeants ivoiriens et même africains. Évoquant souvent le déficit de démocratie dans certains États du continent, la star ivoirienne a surtout fait savoir sa répugnance pour les troisièmes mandats, que s’apprêtaient alors à briguer certains dirigeants en Guinée comme en Côte d’Ivoire. 

Suite aux polémiques sur un prétendu silence quant à la situation qu’a connu la Côte d’Ivoire en 2020, l’artiste est monté au créneau au cours d’un entretien accordé à 7info. Pour lui, sa position n’a pas changé par rapport au 3e mandat. Prenant à témoin son single « 3e dose », ainsi que ses différentes sorties médiatiques, Tiken Jah estimé qu’il a été le premier à parler de ce sujet qui n’a pas attiré l’attention des Ivoiriens.

« Moi je ne me suis pas du tout tu lors du combat contre le troisième mandat en Côte d’Ivoire. D’ailleurs, j’ai fait une vidéo qui est sur les réseaux. J’ai été le premier ivoirien à parler de troisième mandat depuis 2017. J’avais fait sorti un single qui s’appelait “troisième dose” mais en ce moment, les Ivoiriens ne faisaient pas attention à cette histoire. 

Quand la mort du Premier ministre Amadou Gon Coulibaly est arrivée et que le président de la République a décidé de faire un autre mandat, j’ai vu qu’il risquait d’avoir un autre affrontement dans ce pays. Pour moi, il n’était pas question de rentrer dans une situation où il y aurait des morts en Côte d’Ivoire. 

Vous savez, nous avons perdu 3000 personnes pendant la crise post-électorale. Il n’y a même pas un petit monument à la mémoire de ces 3000 morts. On ne parle plus des ces gens et donc pour moi, il n’était pas question dans un pays comme ça d’aller dans un combat qui va faire des morts », a-t-il expliqué.

Puis a continué : « Je pense que j’ai fait preuve de responsabilité par rapport à cela. Mais sinon, personne ne peut me reprocher de n’avoir pas mené le combat contre le troisième mandat puisque je suis l’artiste africain qui a pris ce combat à bras-le-corps. 

Et je pense que les preuves sont là. Peut-être que les gens s’attendaient à ce que j’insulte le président Alassane Ouattara.(…) Vu la tension, je ne me voyais pas à l’extérieur en train d’appeler les jeunes à descendre dans les rues pour s’entretuer ».

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