La méchanceté de l’homme envers son prochain continue de nous laisser sans voix. Et la pire forme d’ingratitude qui soit ; c’est ôter la vie à la main qui te nourrit.

L’histoire que nous allons vous présenter ce jour concerne le sieur Komlan qui a froidement poignardé pour une raison banale son beau-frère Kodjo. Pour cet acte impulsif et irréversible, il se retrouve derrière les barreaux pour 30 bonnes années.



Suivons ensemble cette histoire qui remonte à quelques années de cela pour tirer ensemble des leçons.

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Le cadre

Dès l’âge de 10 ans, Komlan a partagé le même toit que le mari de sa sœur, Kodjo, qui se retrouve ainsi son tuteur, dans le village de Dzogbédji, canton de Gapé.

Mais depuis, Komlan reprochait à son beau-frère son caractère. Il a toujours estimé que ce dernier ne dirigerait pas bien sa maison et serait violent avec lui.

Un matin de septembre 2003, alors que la journée s’écoulait paisiblement dans les champs de ce village, l’irréparable se tramait.

Le crime odieux

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Ce matin fatal là, Komlan s’est rendu dans le champ de son beau-frère avec son coupe-coupe où il a rencontré ce dernier pour les travaux champêtres.

Lors des salutations d’usage, son beau-frère lui demanda où se trouvait les pièges tendus aux animaux la veille.

Komlan répondit avec un dédain à son beau-frère. Il lui demanda d’aller poser la question à ses enfants qui sont alors ses neveux.

Au cours de cette dispute banale, Komlan Adonou a poignardé son beau-frère jusqu’à ce que mort s’en suive.

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Refuge et arrestation à Lomé…

Après son forfait, Komlan a fui le village et s’est rendu à la capitale. C’est donc à Lomé qu’il a été arrêté et déposé à la prison civile de Tsévié.

Après plus de 10 ans passés sous les verrous, l’accusé qui consommait de la drogue a été présenter aux juges.

Devant le juge

La Cour d’assises de Lomé, en sa première session du mois de juin le lundi 2 juin 2014, a jugé en premier cette affaire qui opposait donc le ministère public à Komlan.

Dans son témoignage, la sœur de l’accusé, qui est la veuve éplorée, a, devant les juges, déclaré que son mari n’a jamais fait de mal à son petit frère.

Et a révélé que c’est au champ qu’elle et l’un de ses enfants ont retrouvé le corps de son mari après plusieurs recherches.

Pour mieux connaître l’état psychologique de Komlan, le juge lui a demandé s’il consomme de la drogue. L’accusé a répondu “positif” et qu’il consomme matin, midi et soir en moyenne 1000 FCfa par jour.

Komlan dit regretter les faits, mais martèle que c’est Dieu qui a agi à travers lui.

Après la réquisition du procureur général et la plaidoirie de l’avocat de la défense, et avant le verdict, une question a été posée à la veuve. Celle de savoir ‘quel sorte de dédommagement elle et ses enfants attendent de l’accusé ?’

Malgré tout le courage, la veuve a versé des larmes à cet instant présent avant de répondre qu’elle n’attend rien de rien de l’accusé comme dédommagement, car l’affaire avait divisé sa propre famille et celle de son défunt mari avec qui elle a eu 6 enfants.

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Le verdict

Après plus de 40 minutes de suspension de la séance, les 9 jurés ont condamné Komlan à 30 ans de réclusion criminelle.

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La leçon 

En toute circonstance et quel que soit ce que l’on peut subir comme souffrance venant de l’autre, garder son calme et privilégier le dialogue. L’eau versée sur terre ne peut reprendre sa forme initiale. Il devient et demeure de la boue. De même, une personne tuée ne peut-être ressuscitée. A la prochaine.

Miss Togo 2019