Tanko Timati

L’histoire de nous allons vous raconter ce jour nous plonge dans les méandres de la méchanceté et l’ignominie que certains, qui sont parmi nous, commettent sur leur prochain.

 Acte macabre préfecture Togo Wawa
Illustration

Ces histoires, qui sont vraies, si nous les partageons avec vous, c’est pour appeler à la vigilance, au sang-froid et ne pas se laisser emporter par la colère et commettre des actes que nous regretterons toute notre vie.

Ce qui est un peu rassurant, c’est l’effort sans ménagement, que les agents des services de sécurité et du système judiciaire abattent au quotidien, malgré les moyens limités, pour élucider ces affaires et mettre hors de nos murs ces criminels.

L’histoire que nous avons ce jour remonte à janvier 2014 dans la localité de Séwa dans la préfecture de Wawa, région des plateaux.

Le contexte

 Le 13 janvier 2014, la nommée Ayifa Julienne a entendu un cri de détresse de son frère Ayifa Thomas vers le domicile de Kao Mondjoboyo José, alias Ouaga.

Le lendemain, lors de la réunion des ressortissants de Pya à Séwa dans le préfecture de Wawa, elle informa son frère Ayifa Komi. Ce dernier décida avec un autre frère de se rendre au domicile de Kao Mondjoboyo.

A leur arrivée, celui-ci était là, menaçant et déterminé à en découdre avec eux. Ils n’ont eu d’autre choix que de replier sans avoir eu l’occasion d’obtenir une explication de leur hôte sur l’objet de leur visite.

L’intervention de la gendarmerie

Informée, la gendarmerie de Zogbégan avec l’appui de la population a réussi à mettre la main sur Kao qui avait tenté de prendre la fuite.

Il a été reconduit chez lui pour le constat.

La gendarmerie a, ainsi, réalisé qu’un corps a été traîné derrière la maison de Kao et disparu au niveau d’une fosse lui servant de WC.

Poursuivant les investigations, les gendarmes ont découvert, enfoui, le corps sans vie de Ayifa Thomas.

L’aveu macabre

A la suite de cette découverte, Kao a expliqué qu’au début de son installation dans la ferme, sa réussite dans ses travaux champêtres était spectaculaire. Mais le succès s’est vite transformé en un véritable échec.

Ce qui l’obligea à entreprendre des recherches qui lui ont révélé que c’est le nommé Ayifa Thomas qui était la cause de son malheur et que celui-ci usait de ses pouvoirs maléfiques sur ses cultures.

Mais la goutte d’eau qui a fait déborder le vase, c’était que le jour du drame, alors qu’il se trouvait à son domicile, la victime a surgi et a commencé à le provoquer en lui demandant s’il sait qu’il n’est pas le propriétaire du bâtiment qu’il occupe, avant d’ajouter qu’il allait le détruire.

Pris de colère, Kao lui a administré des coups avant de le faire déguerpir. Malgré tout, la victime était revenue à la charge.

Il a dû lui donner des coups de nouveaux avant de le quitter pour aller se coucher. Il n’a constaté sa mort que plus tard lorsqu’il était sorti pour uriner.

C’est pourquoi pris de peur, il a dissimulé le corps dans la fosse septique.

Arrestation

Ayant reconnu les faits tant en enquête préliminaire que devant le juge d’instruction, Kao Mondjoboyo fut arrêté le 19 janvier 2014 pour homicide volontaire (c’est-à-dire la personne a eu la volonté d’assassiner son adversaire).

Jugement à la Cour d’Assises de Lomé

Malgré les aveux, devant la Cour d’Assises de Lomé lors de l’audience du 21 mars 2018, l’avocat défenseur Me Adjévi Koffi Djahlin a requalifié les faits ‘en violence volontaire sans intention d’homicide’.

Selon l’avocat, la victime, qui était un handicapé, « serait venue dans la maison de Kao pour provoquer son client ».

A l’issue des différentes argumentations, Kao a été condamné à 6 ans de réclusion criminelle.

La leçon

Abondant dans le sens de l’avocat défenseur, « la violence, même volontaire ou involontaire, n’est pas admise. Il faut savoir se comporter en société » et éviter de s’ériger en justicier.

A la prochaine.