Togo / Couvre-feu à Lomé : les apprentis jubilent ; les patrons en colère !

C’est désormais une mesure officielle communiquée par la Coordination nationale de gestion de la riposte au Covid-19 (CNGR), le 18 décembre passé. En effet, sur l’ensemble du territoire togolais, du dimanche 20 décembre 2020 au 3 janvier 2021, de 22h à 5h GMT, il y aura couvre-feu. 

De plus, la restriction ira de 23h à 5h GMT, les 24, 25, 31 décembre 2020, ainsi que le 1er janvier 2021. La mesure est assortie de nombreuses autres restrictions notamment la fermeture des bars, night-club, dancings (50.000 dont environ 30.000 dans le grand Lomé) sur toute l’étendue du territoire national.

La population va donc célébrer les fêtes de fin d’année, Noël et de Nouvel an, sous le couvre-feu suite à la flambée du nombre des nouveaux cas confirmés un peu partout dans le monde. Ainsi en a décidé le gouvernement au nom de la lutte contre la pandémie de la Covid-19. 

Toutefois, indubitablement, il s’agit de mesures qui vont ralentir les allures des fêtes. Cette période habituellement festive sera chamboulée. Un fait qui ne laisse pas de marbre certains Togolais.

C’est le cas de Gagnon, un cadre dans une banque de la place habitant au centre-ville. « Certes, les temps sont troubles. À cause de la crise sanitaire qui sévit dans le monde, nous vivons une situation grave. Cela explique ces mesures de l’Etat. En ce qui concerne les fêtes comme chaque année, je resterai en famille en rendant grâce à Dieu, autour d’un bon repas », explique-t-il.

Adjoa résidante à Agoè, apprentie styliste va dans le même sens et nous confie : « Cette année, la fête sera très belle. À cause du couvre-feu, ma patronne nous laissera rentrer plus tôt chez nous. Je pourrai aller à l’église, puis passer le reste de la nuit chez mon fiancé. Dieu merci ». 

Chez Dominique, chef comptable vivant à Adidogome, la réflexion est similaire : « A mon avis, les temps de fête sont un moment particulier à vivre. Il faut faire le bilan de l’année, et ne pas le passer à boire et manger. Ce couvre-feu est parfait à cet effet ».

Cette position ne fait pas l’unanimité, cela dit. Pour Aziz, zedman habitant à Zongo : « Hummmm. Ça me dépasse. Qu’est-ce que nous allons manger à la maison ? En cette période, les jeunes sortent beaucoup la nuit. Donc nous aussi nous travaillons un peu. La galère va nous tuer avant leur ‘‘Colonavirus’’ » nous avoue-t-il. 

« Le Togo est vraiment un pays de pagailles. Un couvre-feu la nuit, en période de fêtes. Le virus est un voleur ? Cette bêtise va gâter toutes mes affaires. Or, j’ai fait un prêt pour ravitailler mon bar-restaurant. L’Etat pense-t-il vraiment à ceux qui vivent de recettes de bars, et autres ? », affirme Séna, propriétaire de bar à Agbalepedo.

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