Dans le Grand format consacré au Togo, dans la parution n°3048 de Jeune Afrique, cette semaine, Edem Kokou Tengue, Directeur général d’A.P. Moller, Maersk Togo, revient sur le Plan National de Développement (PND) ainsi que les enjeux pour l’association togolaise des compagnies et consignataires de navires (NaviTogo) dont il est le vice-président.

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Le Togo vient d’adopter le Plan national de développement (PND) qui fait la part belle à la logistique et au transport. Quel regard portez-vous sur ce document ?

Edem Kokou Tengue : Nous saluons ce plan qui, s’il n’est pas la première tentative du Togo de planifier son développement économique et social, est de loin le plus cohérent et le plus ambitieux. Mais le plus encourageant est que les parties prenantes à la conception du PND (acteurs publics, secteur privé, monde universitaire et organisations multilatérales de développement) ont voulu que cette croissance économique soit la mieux partagée possible.

Vous avez remarqué, à juste titre, l’importante place accordée aux métiers de la logistique et du transport, notamment dans le premier axe qui ambitionne de faire du Togo un hub logistique et un centre d’affaires de premier ordre.

Nous pensons que ce choix découle d’une analyse minutieuse des avantages concurrentiels du Togo. Parmi les atouts concurrentiels, on peut citer l’existence d’un port en eau profonde, la position centrale du Togo au cœur de l’ouest africain ou le fait que son port soit, par ces temps de piraterie maritime accrue, le plus sûr et le plus sécurisé de la région. Il existe une demande certaine car le Togo est proche de beaucoup de pays sans littoral (Burkina, Niger, Mali).

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Sa position centrale a même permis à l’armateur Mediterranean Shipping Company (MSC) d’en faire son hub d’éclatement en Afrique de l’ouest. La rivalité entre les firmes va grandissante. Pour ce qui est du transport maritime, l’amélioration des infrastructures a permis d’attirer toutes les compagnies maritimes majeures du monde. Les industries de soutien (déclarants en douanes, transporteurs, etc.) sont en plein essor. En résumé, le choix est bien pensé et repose sur une analyse solide.

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Ne pensez-vous pas que la concurrence des mégaprojets dans les ports voisins pourrait handicaper la mise en œuvre de ce plan ?

Edem Kokou Tengue : La concurrence en termes d’amélioration des infrastructures portuaires est rude en Afrique occidentale et c’est logique. Cependant, nous pensons que les projets des ports de Téma, Kribi et Abidjan vont davantage accompagner la croissance du trafic que provoquer l’apparition de surcapacité dans les ports.

En comparant de simples ratios, comme le nombre de conteneurs par habitant ou par dollar de PNB, on se rend bien compte que le continent est sous-conteneurisé.

Par ailleurs, la qualité des infrastructures n’est pas tout. Le Togo déploie un ensemble cohérent de « soft improvements » comme l’amélioration du climat des affaires (faisant partie des 10 pays les plus réformateurs au monde), les différents projets d’amélioration de la logistique, la tradition de pays de grandes rencontres internationales (accords ACP-UE de Lomé, etc.). Le PND contient divers projets qui visent à améliorer la connexion de la côte avec l’hinterland (ports secs, parc multimodal, amélioration des routes etc.) qui seront déterminants pour le développement du transport maritime. La bataille pour la mer se gagnera à terre.

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