Togo : le 4ème Lac, une zone destinée à une forte activité de pêche ?

La construction du 4ème Lac a été initiée pour lutter contre les inondations dans les zones lagunaires et pour venir en aide aux populations dans l’optique de leur offrir, un bien-être. C’était à la base l’objectif pour lequel l’Etat togolais et l’Union européenne ont mis en place cet ouvrage dans les quartiers Akodessewa, Bè et Kangnikopé.

Ouvrage inauguré à l’époque par l’ancien ambassadeur de France au Togo Marc Vizy et le président de la République, Faure Essozimna Gnassingbé, le 4ème Lac rentre dans la logique des autorités d’assainir la zone ciblée et d’empêcher des dommages souvent enregistrés en période de pluie.

S’il est évident que des objectifs clairs ont été énoncés au début de sa construction, la réalité sur le terrain quant à son utilisation est tout autre.

Peu de temps après son inauguration, le cadre s’est vu attribuer un tout nouveau statut par les riverains : « Une nouvelle zone de pêche » par défaut. Loin d’être la vision première de l’Etat et de ses partenaires, la zone a vu se développer une activité de pêche qui garde une constance surprenante et presque inquiétante.

Cet avis est également partagé par Justin Dandoga, étudiant et riverain de la zone : « Ma préoccupation relève du fait que les gens continuent de faire la pêche dans un lac destiné à évacuer et à contenir les eaux souvent sales et polluées. Par ailleurs, certains actes macabres et quelques situations désastreuses comme les noyades et des crimes sont commis dans la zone. Je me pose des questions sur la gestion et l’entretien qui sont faits en terme de sécurité et d’assainissement de ce lac ».

« Je déplore le fait que les gens font ces activités de pêche dans cette eau polluée et d’une odeur pas commode. Malheureusement, ces produits pêchés pourraient se retrouver dans nos mets alors qu’ils ne suivent aucun procédé en terme de traitement en matière de qualité. On se retrouve dans une situation d’intoxication qui pourrait causer des dommages à la population en terme de santé », souligne Sewavi Evance, pharmacien.

À part cette situation liée à la pêche, c’est également une zone en proie à l’insécurité et un endroit déconseillé de nuit. Les riverains en appellent presque ouvertement aux autorités afin qu’elles agissent pour rendre à ce lieu le calme et la sérénité qui devraient lui être propres.

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