L’auteur Elom Adoboé a procédé ce samedi 18 mai 2019 à l’Institut français du Togo, à la dédicace de son roman titré ‘Le prix d’un enfant’.

Le roman, de plus d’une centaine de pages, édité à AGAU Éditions, est structuré en deux grandes parties notamment titrée « Un combat solitaire » et « Un combat pour soi ».



Lire aussi : Organisations internationales : L’ANPE recrute pour ces 36 postes (16 mai 2019)

Togo : ‘Le prix d’un enfant’ fait son entrée dans les œuvres littéraires
Vue partielle des participants à la dédicace

Le roman met en relief les nombreuses réalités qui affectent presque toutes les jeunes femmes du continent africain. Il retrace également le parcours de la femme africaine, et ce, en rapport avec sa société.

Le roman se veut un miroir pour faire prendre conscience à la jeunesse et lancer une réflexion sur la condition humaine en général.

« Le roman ‘Le prix d’un enfant’ qui vient de paraître aujourd’hui nous parle essentiellement de la collaboration entre homme et femme. Et j’incite la nouvelle génération à pouvoir changer de courant, c’est-à-dire ce que nous voyons aujourd’hui dans les showbiz, à savoir la chosification de la femme, de pouvoir prendre une contre direction et de pouvoir donner de la valeur à la femme africaine », a confié M. Elom Adoboé.

Lire aussi : Togo : la CEDEAO recrute pour ces 35 postes

« Il est aussi question de l’enfant dans cet ouvrage. Dans les contrées africaines, l’enfant c’est quelque chose de très important et quand ce précieux sésame vient à manquer dans le couple, c’est le début de toutes les guerres. On a voulu échanger aujourd’hui entre les jeunes, hommes et femmes, pour trouver le moyen pour supporter les femmes qui aujourd’hui ont ce problème-là, et comment faire pour les supporter dans les pressions sociales qui ne disent pas leur nom et pour que nous puissions avoir une société inclusive pour que les cinquante-deux pour cent de femmes que nous avons au Togo puissent contribuer efficacement à nos différents plans de développement », a-t-il poursuivi.

Le roman retrace l’histoire d’une jeune femme nommée Woessi, caractérisée par le courage, la douceur, la compassion, etc. Mais, plus tard dans son parcours de femme au foyer, elle sera confrontée aux défis de la vie, notamment le manque d’enfant entre leur union.

Lire aussi : Tété-Michel Kpomassie ou l’émouvante histoire du Togolais aventurier au Groenland

Togo : ‘Le prix d’un enfant’ fait son entrée dans les œuvres littéraires
Lecture scénique de l’œuvre

« Un enfant reste un signe de virilité, symbole de joie, de paix, de stabilité d’affermissement du foyer. Il est aussi un sujet d’espoir, de richesse et d’union pour chaque couple. Quel couple africain ne caresse-t-il pas ce rêve d’avoir une progéniture qui constitue la sève, qui vivifie sa famille et qui lui donne constance et rayonnement ? Mais quand ce précieux « sésame » tarde à venir, quand la certitude d’être père ou mère cède la place à l’espérance et quand l’espérance se transforme en doute, alors le couple amorce la traversée du désert. Les familles s’interrogent. L’homme est interpellé, le doigt accusateur est pointé sur la femme. L’équilibre conjugal s’effrite. Le chagrin s’empare du cœur de la femme, l’homme est sous-pression sociale », souligne dans la préface, Dr Hetcheli Kokou, Enseignant chercheur à l’Université de Lomé.

« (…) Les passagers de cette pirogue bleue connaissaient bien l’histoire de ces fameux crocodiles dans ce fleuve bleu sombre. Avant l’installation des habitants de l’autre rive du fleuve, les chefs religieux étaient venus des quatre coins des rives ainsi que des contrées environnantes afin de sacrifier à ces dieux aquatiques des volailles et des mammifères. Mais depuis un moment, les bêtes se faisaient rares et les sacrifices avaient cessé. Depuis, les dieux des mares s’étaient transformés en de véritables tueurs à gages, dépeçant tout être vivant s’approchant du fleuve ou près de sa rive.

C’était ce chemin de la mort que les marchands de Vog devraient emprunter toutes les semaines pour vaquer à leurs activités. Sous un soleil de plomb, se courbe une femme, la houe à la main, un pagne autour du rein chantant une épopée mélodieuse. Un groupe de personnes avec des piquets entre les mains semaient des grains de maïs sur les espaces défrichés la veille. Dans une chorégraphie presque réglée à la minute, la saison champêtre commença à Vog, un hameau perdu à l’ouest du pays. Le groupe s’activait avec beaucoup d’engagement et d’espoir. Cette petite troupe dans sa diversité en tâche et en besoin était coordonnée par une femme, Woessi. Oui, elle s’appelle Woessi. Woessi coordonne les activités (…) », lit-on dans un extrait de l’ouvrage.

Togo : ‘Le prix d’un enfant’ fait son entrée dans les œuvres littéraires
Exposition de l’œuvre

« (…) Elle était la maestro de cette chaleur humaine qui se dégageait au fin fond de cette forêt peuplée des lianes et des arbres entrelacés. Dans une société patriarcale, elle revendiquait sans jamais le dire son autonomie en tant que femme, en tant que mère, en tant qu’épouse. À la fois grande commerçante et agricultrice, elle représentait un levier important dans sa communauté. Elle jouait des rôles : philanthrope, religieuse voire juge dans des conflits conjugaux. Depuis que le fleuve qui était la voie principale des habitants devenait risqué et que la menace permanente des crocodiles et autres espèces dangereuses planaient sur les lits des rives, chaque paysan ou commerçante devrait désormais être accompagné lors de chaque traversée par quatre hommes vaillants : un chasseur, deux piroguiers et un marabout. Mais depuis la promulgation de cette nouvelle règle, Woessi ne l’avait observée que de rares fois.

Lire aussi : Brexit : l’offre audacieuse de Theresa May aux parlementaires pour obtenir leur soutien

Elle exerçait deux activités à la fois : l’agriculture et le commerce. Vu l’intensité de son travail, la traversée du fleuve restait incontournable. Woessi possédait aussi une pirogue. Elle savait aussi ramer, alors il lui arrivait plusieurs fois de ramer toute seule sur ce fleuve bleu sombre sur lequel le reflet de la mort planait parfois la nuit, parfois le jour (…). », poursuit l’ouvrage.

Togo : ‘Le prix d’un enfant’ fait son entrée dans les œuvres littéraires
Vue partielle des participants à la dédicace

Rappelons que l’auteur, M. Elom Adoboé, est un orateur, un réveur et un réaliste. Il prépare un Master en communication interculturelle à l’Université de Lomé. M. Elom est formé en leadership et développement respectivement au Nigeria, en Corée du Sud et aux USA. Il est l’actuel fondateur du Réseau doré des jeunes leaders.

Passionné de l’écriture et des livres, il sort lauréat au concours international des blogueurs francophones de la plateforme Mondoblog de la Radio France Internationale en 2016.

Miss Togo 2019