La fille d’aujourd’hui, femme de demain a besoin, d’être préparée pour être une femme épanouie et utile pour sa société demain. Malheureusement, elle est se retrouve biologiquement et psychologiquement freinée par les grossesses précoces ou non désirées.

-- Vidéo de L-FRII --

Ce phénomène est une triste réalité au Togo. Les actions multiformes existantes de plusieurs institutions et acteurs pouvant infléchir le phénomène demeurent insuffisantes ou faites de façon isolée.

Devant cette situation préoccupante de la santé des adolescentes togolaises, le Women In Law and Development in Africa –Afrique de l’Ouest (WILDAF-AO) et l’Association Togolaise pour le Bien-Etre Familial (ATBEF) ont lancé ce mardi 11 juin 2019 à Lomé le projet intitulé « prévenir les violences sexistes et les violations des droits sexuels et reproductifs des adolescentes pour réduire les grossesses précoces au Togo ».

Avec le soutien financier du Centre de Recherches pour le Développement Internationale du Canada (CRDI) et l’appui du ministère de la Santé, ce projet veut proposer un modèle intégré de réponses aux grossesses des adolescentes qui tiennent compte des violences basées sur le genre pour améliorer la santé et les droits sexuels et reproductifs des adolescentes au Togo.

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Partant du constat que les réponses existent, mais elles sont sectorielles, isolées, il s’agira pour les divers acteurs de travailler ensemble, coordonner les efforts pour donner une réponse durable et valable au phénomène.

« Concrètement, nous chercherons à comprendre le phénomène, et nous émettons l’hypothèse selon laquelle ce phénomène de grossesse précoce est basé sur le genre. Sur des normes traditionnelles qui sont en déphasage avec les exigences de la vie contemporaine », a expliqué Mme Brigitte Adjamagbo-Johnson, coordinatrice du WILDAF-AO.

« Nous allons faire faire dans un premier temps une étude pour comprendre les facteurs explicatifs du phénomène. Trouver des réponses. Ceci nous donnera des éléments de base sur lesquels nous allons proposer un modèle d’intervention qui teindra nécessairement compte des liens entre les grossesses précoces et les violences basées sur le genre, les normes traditionnelles. Un modèle qui tiendra compte de la nécessité de collaboration entre les acteurs pour apporter une solution durable et valable à ce phénomène », a-t-elle ajouté.

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La mission du CRDI consistera à appuyer les chercheurs et les institutions communautaires. « Ce phénomène poursuit l’adolescente durant toute sa vie de femme. C’est extrêmement important de trouver des solutions durables pour l’endiguer. C’est ce qui explique l’engagement du CRDI dans cette initiative ». « Apporter une certaine innovation à ce qui se fait jusqu’ici. Le CRDI investira non seulement en appui financier, mais également en appui technique pour la mise en œuvre de ce projet à l’échelle de la sous-région ouest africaine », a confié Mme Ramata Thioune, Représentante du CRDI.

Ce modèle sera testé pendant les 3 années de la durée du projet. Notons que le projet a pour cible les adolescentes de 10 à 19 ans en milieux scolaire et extrascolaire et couvrira la région des plateaux (préfecture de Kloto et Ogou) où est enregistré un taux de 46 % de grossesses précoces. Sont aussi impliqués dans le projet, les acteurs non-étatiques à savoir les organisations de jeunes y compris les filles, de droit des femmes et organisations intervenant en santé de reproduction.

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En partenariat avec WILDAF pour la mise en œuvre du projet au Togo, L’Association Togolaise pour le Bien-être Familial (ATBEF) aura particulièrement pour rôle, la mobilisation de tous les acteurs, le plaidoyer, le renforcement des capacités des acteurs dans le domaine de la santé de reproduction ; et la conduite des interventions cliniques pouvant apporter des solutions pratiques. Pour ce faire, il sera déployé dans les régions des agents en charge quotidiennement du projet. » , a laissé entendre Dr Selom Komlan Noussoukpoe.

Au niveau du ministère de la santé, il s’agira principalement de « se prononcer sur la méthodologie avant l’étude de base sur les facteurs explicatifs du phénomène et à se pencher sur l’examination des résultats des études et le rapport issu de la recherche, appuyer la visibilité du projet au niveau national, régional et panafricain, à la définition des services techniques et juridiques adéquats pour réduire et mettre fin aux grossesses précoces et les violences basées sur le genre au Togo, a expliqué Mme Kpelly Cathérine, Représentante du Cadre Collaboratif.

Notons qu’après la cérémonie de lancement du projet, un atelier d’harmonisation méthodologique s’est ouvert au siège du Wildaf, à Lomé. Elle se poursuivra demain mercredi.

Selon un rapport de l’OMS, en 2011, près de 16 millions d’adolescentes âgées de 19 ans accouchent chaque année dans le monde. Et 95 % des naissances surviennent dans les pays en développement.