Tsévié Acte I : Les rencontres qui nous content nos origines

De plus en plus, nombreux sommes-nous à nous efforcer de vivre en pleine agglomération alors que les zones rurales regorgent d’éventualités « inexplorées ».

Évidemment, cette situation découle de nos mécanismes économiques (accès aux logements, aux transports, à l’emploi, etc.).

En tant qu’entrepreneur curieux, en quête d’asseoir mes origines dans le cadre d’un projet socio-environnemental, j’ai pris mon bâton de pèlerin pour le premier canton du Togo colonial de 1884, Davié Assomé.

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C’est donc dans cette localité que nous accueille Togbui Komi Théodore DOGBLA VI dans le tribunal coutumier, à 30 m de la route nationale N°1 et à l’entrée de la préfecture du Zio. C’est l’espace congruent où avec l’appui des chefs de quartiers, chaque litige au sein de la communauté trouve une issue dans le but de préserver le climat de paix sociale.

Je profite de cette captivante rencontre pour m’éclaircir sur l’émergence de Tsévié dont j’ai décidé de retranscrire et rendre accessible l’origine du nom pour notre génération et éventuellement pour celles à venir.

Tsévié, Togo, Zio, Davié Assomé, Désiré Thethey BENISSAN-GBIKPIChef-lieu de la préfecture du Zio, située à 36 km au nord de la capitale togolaise, la ville de Tsévié regorge de plus de 70 000 habitants.

L’histoire nous révèle que Tsévié aurait été fondée au 18ème siècle par des membres du groupe linguistique Adja-Éwé qui auraient fui la dictature du Roi Agokoli dont le trône était établi à l’époque dans l’actuel Notsé (préfecture du Haho). Ils arrivèrent sur le territoire actuel de la ville de Tsévié, ou ils cultivèrent du haricot. Une partie du groupe en fuite craignait que le Roi Agokoli envoie ses hommes à leur poursuite. Cette dernière décida de continuer le chemin d’exil et pris la route vers le sud en direction de Lomé; l’autre partie a quant à elle décidé de rester sur les lieux le temps « que le haricot [mis en culture] murisse un peu », autrement dit en éwé, « ayia ne tse vie ».

L’étymologie est souvent aussi intéressante que révélatrice. Les 17 cantons de Tsévié commémorent chaque année au mois d’août la fête du haricot connue sous le nom d’Ayizan, se rappelant ainsi de leur histoire de façon collective.

Nos origines définissent nos traditions, nos coutumes et notre culture. Dans un monde globalisant, il est important de nous rappeler que nos environnements doivent se lire dans leur contexte et leur réalité.

Désiré Thethey BENISSAN-GBIKPI

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