Tunisie : des députés en se battent à l’Assemblée (vidéo)

Quand les députés se battent ! C’était la confusion totale ce lundi 7 décembre au parlement en Tunisie. Les internautes ont été témoins en plein direct sur Facebook, d’une violente bagarre entre députés, comme on peut le voir sur les vidéos largement relayées. Un homme hagard le visage ensanglanté, une femme à terre, des cris, bref rien n’y manquait. 

La bataille opposait deux camps : les élus du Courant démocrate (centre gauche), dont Samia Abbou (la femme à terre) et Anouar Ben Chahed (au front ensanglanté) d’une part, et de l’autre les représentants d’Al Karama (islamiste).

La dispute, selon une journaliste de la radio privée Mosaïque FM, sur place, a éclaté pendant la tenue de la commission de la Femme sur des propos de Mohamed Affès, député Al Karama, qui avait qualifié la semaine passée, une partie des mères célibataires de «prostituées». Les échanges se poursuivaient sur ce sujet brûlant à l’issue de la réunion dans les couloirs de l’ARP. Qui aurait cru que cela finirait en coup de poings. 

Sur les réseaux sociaux, les Tunisiens oscillent entre consternation et raillerie. Une telle atmosphère n’est pas nouvelle à l’Assemblée des représentants du peuple (ARP), mais cette fois, cela a été plus chaud sur le ring de catch improvisé.

«Ça me fait penser à la peinture de Banksy (street-artist britannique), où l’on voit des singes qui siègent au parlement en Grande-Bretagne.», a confié Nizar Bahloul, écrivain et journaliste, directeur du journal électronique Business News, déplorant une multiplication des incidents. «Ce n’est pas le premier et ça ne sera pas le dernier. Le pays est polarisé depuis 2011 pour des raisons idéologiques.»

«Gare à ceux qui s’en sont pris à sa femme!», raille un internaute en montrant une photo du mari de Samia Abbou, l’ancien ministre de la Fonction publique, Mohamed Abbou, revêtu d’une tenue de karatéka. »

Samia Abbou a affirmé avoir été agressée et pour elle comme pour d’autres députés du Courant démocratique, le président de l’ARP, Rached Ghannouchi, également chef du parti islamiste Ennahdha, était responsable de ces violences : «Ils crient, ils insultent, ils crachent et… ils en sont venus aux mains ! C’est à cause du président de l’Assemblée, qui devrait dénoncer chaque agression… Mais malheureusement il a laissé faire pour servir ses intérêts.»

Avec Sputnik

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