Viol collectif au Mali : 4 garçons de 16 ans et un de 12 ans envoient une fille de 15 ans aux urgences

Les mineurs I. Coulibaly, A. Sow, M. Konaté, S. Dembélé (tous âgés de 16 ans) et K. Sow (12 ans) ont été jugés pour viol collectif, le vendredi 22 avril, devant le Tribunal pour enfants de Tamba. 

Selon les termes de l’enquête préliminaire, tout est parti d’un appel téléphonique du Poste de santé de Djimbé, informant de la présence d’une patiente qui serait victime de viol. Le premier acte posé par les gendarmes a été d’entendre la victime D. Dembélé, âgée de 15 ans. Et cette dernière, en larmes, restitue dans les moindres détails le film de sa mésaventure.

A la suite de son audition, I. Coulibaly, A. Sow âgé, M. Konaté, S. Dembélé (âgés de 16 ans) et K. Sow (12 ans), tous des manœuvres originaires du Mali, sont mis aux arrêts. La fille D. Dembélé a déclaré devant les enquêteurs que la veille, vers 20 heures, elle revenait du village malien de Fégui où elle était partie acheter un forfait téléphonique et de la lotion pour corps, quand elle a été abordée par les cinq mis en cause aux abords du cimetière du village. Elle soutient que ces derniers l’ont assaillie, maîtrisée, bâillonnée. 

C’est ainsi qu’ils l’ont violée, chacun à tour de rôle. Elle ajoute qu’après avoir assouvi leur libido, les mis en cause l’ont abandonnée sur place. Le lendemain, alors qu’elle ressentait de fortes douleurs au niveau de ses parties génitales, elle s’est confiée à une amie qui l’a ensuite orientée vers la structure sanitaire.

D. Dembélé a fait l’objet d’un examen médical de la part du médecin du district sanitaire de Bakel qui a conclu à “une défloraison de l’hymen d’allure ancienne avec des signes traumatiques vulvo-vaginaux récents et présence de sperme intravaginal”. Interrogé, 1. Coulibaly affirme que D. Dembélé et leur groupe d’amis sont tous originaires du même village au Mali et que cette dernière, non-contente d’avoir refusé les avances de leur ami M. Konaté, sortait avec un garçon du village de Fégui. 

C’est ainsi qu’ils ont ourdi un plan pour lui régler son compte, selon ses mots. Ils l’ont attendue à son retour de Fégui vers minuit, et c’est M. Konaté qui l’a interpellée en premier en lui demandant pourquoi elle ne voulait pas rompre d’avec son copain de Fégui, avant de lui arracher son pagne. Poursuivant, I. Coulibaly déclare que c’est A. Sow qui a enlevé le slip de la victime et l’a fait tomber, poussant le reste du groupe à la maitriser par terre et chacun, à tour de rôle, a entretenu une relation sexuelle avec elle.

Le reste de la bande de copains a fait état des mêmes déclarations tout en précisant que M. Konaté a menacé D. Dembélé de la filmer toute nue et d’envoyer la vidéo à son frère, ce qui a poussé cette dernière à entretenir des rapports sexuels avec eux. A l’issue de l’enquête, les accusés ont été renvoyés devant le Tribunal pour enfants. Attraits à la barre le vendredi 22 avril 2022, les accusés ont nié les faits. Ils ont tous expliqué avoir couché avec la victime par consentement. 

Dans son réquisitoire, le substitut du Procureur, Pape Khalil Fall, a renseigné de la stratégie des accusés qui ont tenu des déclarations en l’absence de la victime pour se soustraire de la rigueur de la juridiction. En cela, il a requis 5 ans de détention criminelle pour les 5 accusés. La défense assurée, par Mc Amadou Lady , a plaidé la liberté surveillée des prévenus.
Le tribunal a mis l’affaire en délibéré au 29 avril 2022.

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