Violence intercommunautaire au Mali : plus de 100 peuls tués ce samedi 23 mars

Plus de 100 personnes ont été tuées, samedi 23 mars, dans l’attaque d’un village peul du centre du Mali par des membres présumés de groupes de chasseurs traditionnels dogons, a-t-on appris de sources de sécurité, des autorités locales et d’une association.

« Le nouveau bilan est de 115 morts », a affirmé à l’AFP Cheick Harouna Sankaré, le maire de la localité Ouenkoro, proche du village touché d’Ogossagou-Peul. Un premier bilan faisait état d’au moins cinquante morts et de plusieurs personnes disparues, dont les corps ont depuis été retrouvés, selon Cheick Harouna Sankaré. C’est un massacre des civils peuls par des chasseurs traditionnels dogons », s’est-il indigné, se demandant pourquoi l’armée malienne « ne démantèle pas » les camps des groupes de chasseurs.

« Ils ont été tués par des chasseurs traditionnels. Ils ont tué avec des fusils, des machettes », avait affirmé à l’AFP, plus tôt dans la journée de samedi, une source de sécurité malienne. Moulaye Guindo, le maire de la ville de Bankass, a fait état du même bilan de 110 morts à l’agence de presse Reuters, samedi.

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L’attaque s’est produite dans la zone de Bankass, près de la frontière avec le Burkina Faso, où ces violences intercommunautaires sont particulièrement fréquentes. « Village de Ogossagou-Peul : plusieurs dizaines de morts dont le chef du village et sa famille, le marabout Bara Sékou Issa et toute sa famille », a affirmé dans un communiqué l’association de défense des droits des populations pastorales Kisal, faisant également état d’autres attaques dans des villages avoisinants, sans avancer de bilan.

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Selon deux témoins interrogés séparément par l’AFP, « presque toutes les cases du village ont été brûlées par les chasseurs traditionnels ». Depuis l’apparition il y a quatre ans dans le centre du Mali du groupe djihadiste du prédicateur Amadou Koufa, recrutant prioritairement parmi les Peuls, traditionnellement éleveurs, les affrontements se multiplient entre cette communauté et les ethnies bambara et dogon, pratiquant essentiellement l’agriculture, qui ont créé leurs propres « groupes d’autodéfense ».

Ces violences ont coûté la vie à plus de 500 civils en 2018, selon l’ONU. Les Peuls dénoncent des exactions de la part de groupes de chasseurs, tolérées voire encouragées selon eux au nom de la lutte contre les jihadistes, par les autorités ou l’armée, ce que dément le gouvernement.

Avec LeMonde

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