L’addiction au travail est une des causes de burn-out. Réduire cette addiction, c’est éloigner ce risque d’épuisement professionnel qui concerne presque deux tiers des salariés français (63%). Une addiction qui se traduit par « un besoin de travailler en permanence et une sensation de manque lors des interruptions de travail », expliquait le professeur Michel Lejoyeux, chef du service de psychiatrie et d’addictologie à l’hôpital Bichat, lors des entretiens de Bichat en 2015.

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Les personnes concernées redoutent la vacuité des week-ends, sont capables de faire des kilomètres pour capter et lire leurs mails, cherchent à travailler plus, et ce au détriment de leur vie de famille, de leurs amis et de leurs loisirs. En revanche, une personne très investie dans sa vie professionnelle n’est pas nécessairement addict. Le « workaholic » ne trouve ni plaisir ni satisfaction dans son travail et son addiction a des conséquences néfastes sur sa santé et sa vie privée. Un travailleur investi lui, prend plaisir à travailler, sans pour autant ressentir de manque lorsqu’il ne travaille pas, et reste disponible envers ses proches.

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Jean-Guilhem Xerri, thérapeute et psychanalyste, fournit dans son dernier livre (Re) vivez de l’intérieur (Cerf), des repères qui doivent alerter :

« Vous pensez à comment vous pouvez libérer plus de temps pour travailler.
Vous passez beaucoup plus de temps au travail que ce qui est prévu.
Vous travaillez dans le but de réduire les sentiments de culpabilité, d’anxiété, d’impuissance et de déprime.
Vos proches vous ont déjà dit de réduire votre temps passé au travail.
Vous vous sentez mal dès lors que vous ne pouvez pas travailler.
Vous laissez de côté vos loisirs à cause de votre travail.
Votre travail a des répercussions négatives sur votre santé. »

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Si vous n’êtes pas loin d’être « accro », les Pères du désert donnent quelques pistes pour réduire cette « avidité qui a mal tourné », selon les mots de Jean-Guilhem Xerri. Il s’agira tout d’abord d’être lucide sur son addiction : en prendre conscience est un préalable pour pouvoir s’en prémunir. Il conviendra ensuite de pratiquer la « fuite des occasions », c’est-à-dire de limiter les risques. Ce peut être prendre un engagement un soir par semaine qui oblige à partir plus tôt du travail, ou bien laisser son portable la nuit dans une autre pièce pour éviter de lire ses mails à des heures indues.

Enfin, les Pères aimaient à redonner leur juste place aux choses et en particulier au travail. Selon eux, une activité professionnelle revêt trois fonctions : assurer sa subsistance sans vivre aux dépens des autres, prévenir l’acédie et aider les pauvres. Point barre. Se redire la finalité du travail se révèle être une aide précieuse pour prendre du recul et rechercher un équilibre sain entre paresse et productivisme.

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« Une avidité dit quelque chose de mon désir », souligne Jean-Guilhem Xerri. Comme toute addiction, l’addiction au travail cache un malaise plus profond, une insatisfaction ou un désir. Prendre le temps de l’identifier est une manière de se connaître, de révéler des blessures et de trouver la raison profonde d’une addiction. Certaines personnes souffrent d’un immense besoin de reconnaissance, ou de réussite, ou bien ne se sentent valorisées que par leur travail. Elles vont donc surinvestir ce lieu où elles performent, où elles ont l’impression d’être quelqu’un, d’être utile.

Une addiction au travail peut révéler aussi une peur de la solitude, de l’ennui, des angoisses : le fait d’être occupé et concentré sur son travail évite d’être seul avec ses pensées et ses émotions. Une faible image de soi peut également pousser à en faire toujours plus pour prouver qu’on mérite sa place dans l’entreprise, son salaire et le statut social qui va avec. Mais une fuite dans le travail peut aussi bien manifester un malaise au sein de son quotidien, de sa famille ou de son couple. Prendre conscience de ces déséquilibres intérieurs, que l’on cherche à compenser par le travail, est un premier pas vers la guérison.

Source: Aleteia