Certaines personnes se souviennent de leurs rêves dans les moindres détails, d’autres n’en gardent jamais aucune trace. Cette inégalité dépendrait, selon la recherche, de notre rythme de sommeil mais aussi de nos taux de noradrénaline. Cette hormone qui prépare le corps et l’esprit à l’action, donc à l’état de veille, est produite en plus grande quantité par notre organisme juste avant de le coucher et au moment du réveil.

Au contraire, les taux de noradrénaline sont particulièrement faibles lors des phases de sommeil profond et de sommeil paradoxal –c’est précisément à ce moment-là que nous rêvons. Au cours du sommeil paradoxal, nos yeux se contractent rapidement, notre respiration change et le corps entre dans une sorte de paralysie appelé atonie, qui se produit par vagues de quatre-vingt-dix minutes.



C’est à ce stade que nous avons tendance à rêver. Pendant les fameux mouvements oculaires rapides, en anglais les REM (rapid eyes movement), un flux supplémentaire de sang parvient dans certaines parties de notre cerveau, dont le cortex, qui produit le contenu de nos rêves, et le système limbique, qui gère notre état émotionnel. Pendant que nous rêvons, ces deux parties sont en pleine activité. Les lobes frontaux, qui dirigent nos facultés critiques, sont, eux, au repos. Nous acceptons donc aveuglément ce qui se passe dans nos rêves, même l’invraisemblable, jusqu’au réveil.

Là notre sommeil est généralement interrompu brutalement par la sonnerie d’un réveil, ce qui fait grimper en flèche notre taux de noradrénaline, puisque notre corps et notre cerveau se préparent à affronter la journée et passent immédiatement à autre chose. Résultat, même si nous rêvions juste avant de nous réveiller, notre cerveau ne peut pas sauvegarder les images.

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Quelques conseils pour retenir ses rêves

Idem si vous passez trop vite de l’état de veille à l’état de sommeil: le cerveau n’a pas le temps de mémoriser les images oniriques. «Quelqu’un qui me demande pourquoi il ne se souvient pas de ses rêves, je lui dis que c’est parce qu’il s’endort trop vite, dort trop profondément et se réveille avec une alarme», explique Robert Stickgold, chercheur en sommeil à la Harvard Medical School, auteur d’une étude sur le sujet.

Il assure que beaucoup de gens se souviennent mieux de leurs rêves s’ils passent par une période d’endormissement plus ou moins longue, lorsque l’esprit commence à errer et que les songes apparaissent progressivement.

Cet état, appelé l’hypnagogie, est ce fameux entre-deux où il est difficile de déterminer si l’on est éveillé ou endormi. Les personnes qui dorment déjà seulement quelques minutes après s’être mises au lit ne passent pas par cette étape et ne peuvent donc pas se souvenir de leurs rêves.

Si vous vous endormez rapidement –tant mieux pour vous– il existe tout de même quelques conseils pour garder une trace de vos songes en vous réveillant plus lentement. «Les rêves sont incroyablement fragiles à notre réveil, affirme Robert Stickgold. Si vous êtes le genre de personne qui se lève du lit et attaque directement sa journée, vous ne vous souviendrez pas de vos rêves. Lorsque vous vous réveillez, essayez de ne pas bouger, n’ouvrez même pas les yeux. Essayez de «flotter» tout en vous souvenant de ce qui se passait dans votre rêve. Prenez le temps de vous remémorez vos rêves quand vous entrez dans votre état d’éveil et vous vous en souviendrez comme de n’importe quel autre souvenir.»

Source : slate.fr