Zoom sur ces 6 femmes qui ont révolutionné la médecine

À l’occasion de la journée internationale des droits des femmes, il convient de faire un zoom sur 6 “grandes dames” qui ont contribué à faire progresser la médecine.

Marie Curie (1867-1934) : pionnière de la radioactivité

Le mot “radioactivité” a été inventé par Marie Curie : en 1903, cette scientifique partage le prix Nobel de Physique avec Pierre Curie et Henri Becquerel pour la découverte du radium. Pendant la première Guerre Mondiale, après le décès de son mari, Marie Curie s’engage : avec ses “petites Curie” (des machines de radiographie nomades), elle sillonne les fronts et examine 3 millions de soldats. En 1922, elle est la première femme à entrer à l’Académie de Médecine. Marie Curie est à l’origine de la médecine nucléaire : chaque année, 5000 Français sont traités par curiethérapie, une radiothérapie ciblée efficace contre certains cancers de la prostate et de la thyroïde.

Madeleine Brès (1842 – 1921) : pédiatre et gynécologue, sans relâche

La médecine, Madeleine Brès tombe dedans dès l’âge de 8 ans. Mariée à 15 ans, rapidement mère de 3 enfants, elle n’en démord pas : elle sera médecin ! En 1866, son parcours du combattant commence : Madeleine va frapper à toutes les portes, demande sans relâche à être admise à la faculté de médecine de Paris, passe même son baccalauréat. Grâce à un coup de pouce de l’impératrice Eugénie, elle obtient enfin gain de cause : après une thèse (applaudie) sur la composition du lait maternel, Madeleine devient médecin gynécologue et pédiatre, une première en France. Brillante autant que bienveillante, le Dr. Brès dirige une revue médicale, fonde plusieurs crèches et rédige l’un des premiers livres de puériculture à destination des mamans.

Madeleine Pelletier (1874 – 1939) : psychiatre engagée

C’est au terme d’un long combat administratif que Madeleine Pelletier, une jeune femme issue d’un milieu modeste, devient la première femme psychiatre en France en 1906. Engagée en faveur des femmes et des minorités, elle rédige une thèse réfutant une théorie hyper-populaire au XXème siècle, qui voulait que les hommes blancs soient “naturellement” plus intelligents que les “races inférieures” (dont les femmes…) en raison de la taille de leur cerveau. Revendiquant farouchement le droit de porter un pantalon, Madeleine est partout : elle milite pour l’interruption volontaire de grossesse (IVG), accompagne la Croix Rouge sur le front pendant la première Guerre Mondiale, et s’engage en faveur de la santé sexuelle des femmes.

Françoise Barré-Sinoussi (1947 -) : bras de fer avec le VIH

En 1983, le Pr. Françoise Barré-Sinoussi fait une découverte capitale : avec son équipe et le Pr. Luc Montagnier, la virologue identifie le virus de l’immunodéficience humaine (VIH), responsable du Sida. Le début d’une lutte au corps-à-corps contre la maladie : le Pr. Barré-Sinoussi s’intéresse aux facteurs de protection naturelle contre l’infection à VIH, à la transmission mère-enfant de la maladie, s’implique dans des actions concrètes en Afrique, au Vietnam et au Cambodge… En 2008, la virologue multi-médaillée a reçu le prix Nobel de médecine pour sa découverte.

Florence Nightingale (1820 – 1910) : infirmière et mathématicienne

Lorsque Florence Nightingale débarque au beau milieu de la guerre de Crimée au mois d’octobre 1854, l’infirmière britannique est horrifiée : la situation sanitaire est catastrophique, le personnel médical est débordé, les médicaments manquent, et les infections provoquées par le manque d’hygiène se multiplient. Florence en est sûre : la désorganisation tue plus que la guerre… Qu’à cela ne tienne : cette férue de mathématiques s’attaque à la réorganisation des soins infirmiers, convoquant les statistiques pour faire baisser la mortalité des patients hospitalisés. Et ça fonctionne : en moins de 2 ans, la mortalité des soldats blessés passe de 40 % à 2 %. Pionnière de l’utilisation des statistiques dans le domaine de la santé, Florence Nightingale laisse derrière elle plus de 200 textes.

Agnodice (305 avant J.C.) : comme un homme

Grèce antique, 4ème siècle av. J-C. : les femmes n’ont pas le droit d’exercer la médecine. Il en faut plus pour arrêter Agnodice, une Athénienne élevée “comme un homme” par un père progressiste. La jeune femme se coupe les cheveux, prend un pseudonyme masculin (on l’appelle Miltiade) et étudie la gynécologie en toute illégalité. Classée première à l’examen de médecine, elle se forge rapidement une renommée : les femmes enceintes apprécient la douceur de ce jeune homme compréhensif… Son talent suscite des jalousies : “Miltiade” est traîné au tribunal, accusé d’agresser sexuellement ses clientes. Pour échapper à la peine capitale, Agnodice se déshabille… et est immédiatement re-condamnée à mort pour avoir exercé la médecine malgré son sexe. C’était sans compter les patientes d’Agnodice qui exigent sa libération, sous peine de suicide collectif. Face à la pression populaire, les magistrats cèdent : Agnodice peut continuer à pratiquer, et la loi est abrogée.

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