« Aidez-nous à ce que la vérité soit faite et la justice rendue ». Veuve de Johathan Seex, 45 ans, l’une des 157 victimes du crash du Boeing 737 max 8 d’Ethiopian Airlines le 10 mars, Nadège Dubois-Seex s’attend à mener un combat long et difficile « contre Goliath » au lendemain de la plainte qu’elle a déposée à Chicago contre l’avionneur américain.

Une plainte qui s’ajoute aux autres actions en justice menées par d’autres familles de victimes depuis plusieurs semaines.



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Accompagnée de la mère du défunt, venue de Stockholm, et de son avocat, l’Américain Noman Husain, qui défend 12 familles de victimes kényanes et polonaises de la catastrophe, la Française, qui vivait au Kenya avec son époux (suédois d’origine) depuis dix ans, a exprimé de l’émotion, mais aussi et surtout de la colère, ce 21 mai à Paris, lors d’une conférence de presse.

« La vie de mon mari a été volée sciemment. Boeing connaissait les problèmes de ses appareils. Je suis la victime collatérale d’une stratégie d’entreprise qui a fait le choix de ne pas prendre les mesures qui s’imposaient », a-t-elle accusé. Ce alors que Boeing a pour la première fois admis, le 18 mai, des défauts liés au simulateur de vol de son 737 max.

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Des plaintes de pilotes ignorées

Un premier aveu alors que jusque-là, le constructeur affirmait que les deux accidents étaient dûs à une « chaîne d’événements » pouvant inclure des erreurs des pilotes. La plainte mettra en avant le fait que Boeing n’a pas informé correctement les pilotes des dangers et des risques présentés par son nouveau logiciel « MCAS » et ses capteurs d’angle d’attaque.

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Spécialisé dans les cas de catastrophes aériennes, le plaideur américain charge lourdement la firme américaine, soulignant qu’après les premières livraisons du 737 max en mai 2017, Boeing a commencé à recevoir des plaintes de pilotes – qu’il a ignorées. Puis il évoque les « négligences » qui ont suivi le crash du premier 737 max de Lion Air en octobre 2018.

« L’accident était évitable. Boeing était au courant des problèmes de logiciels de navigation et de capteurs d’angle mais a dit que c’était l’appareil le plus sûr. Il a mis en cause les pilotes et préféré préserver ses profits à la sécurité. Ils ont continué agressivement à vendre des avions » indique l’avocat qui rappelle que l’avionneur a reçu 248 commandes de 737 max, qui était son best-seller, pour 3,7 milliards de dollars entre les deux crashs.

276 millions de dollars de dédommagements demandés

L’avocat réclame 276 millions de dollars (162.150.000.000 FCFA) de dédommagements, soit l’équivalent d’une journée de revenus brut de l’entreprise, qu’il souhaiterait voir redistribués aux familles.

Présents dans la salle, en soutien à Nadège Dubois-Seex, des membres des familles des neuf victimes françaises n’ont pas encore porté plainte, mais ont lancé une association « pour la recherche de la vérité », ouverte aussi aux familles étrangères, selon une de ses initiatrices.

Le pas judiciaire reste difficile à accomplir pour les personnes endeuillées. « Beaucoup de familles kényanes sont dans le désarroi, ne sont pas informées, et ne savent pas par où commencer » témoigne Nadège Dubois-Seex, émue mais déterminée.

Avec JeuneAfrique