À bientôt 43 ans, Gianluigi Buffon est toujours footballeur professionnel. Le gardien italien constitue un trait d’union unique entre les générations. À ses débuts chez les professionnels, en 1995, Maradona, Baggio, Cantona, Hagi ou Gullit couraient encore. Lorsqu’il raccrochera les crampons, il pourra se targuer d’avoir assisté de près à l’émergence de Kylian Mbappé et d’avoir croisé notamment Zidane, les deux Ronaldo, Messi, Ronaldinho et Neymar.
Dans un entretien accordé à L’Équipe, Buffon a accepté de commenter les grands moments de sa riche carrière. Et notamment son sacre à la Coupe du monde 2006 avec l’Italie. Bien qu’il s’agisse de son plus grand trophée, il confie ne pas avoir baigné dans l’euphorie après la finale remportée face à la France aux tirs au but.
«Pour être honnête, je ne garde pas un très beau souvenir de ce soir-là, des émotions de l’après-match. Parce qu’un événement pareil, d’une telle ampleur, d’une importance pareille, c’est quelque chose qui te dévaste intérieurement. Cela te prend jusqu’à la dernière goutte d’énergie, d’enthousiasme, de légèreté. La pression te mange. Donc je n’ai pas de beau souvenir de l’après-match, de la fête. J’étais épuisé, je voulais juste dormir», affirme-t-il.

Ce n’est qu’à tête reposée que le sentiment de plénitude a pris le dessus : «Avec le temps, cela devient un souvenir d’une valeur inestimable, parce que tu te sens incroyablement chanceux. Pourquoi cela m’arrive justement à moi? Que c’est beau! Je ne pensais pas mériter tant».
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