Depuis le début des révélations concernant l’affaire Carlos Ghosn, Nissan a régulièrement avancé que l’ancien PDG de l’Alliance avec Renault avait utilisé la société Renault-Nissan BV (RNBV), basée à Amsterdam, à des fins personnelles. Plusieurs éléments, comme des donations et des honoraires réglés à des consultants inconnus interrogeaient. L’Alliance avait donc commandé, en secret, un audit extérieur de la société. Audit rédigé en juin dernier, mené par le cabinet Mazars et que L’Express dévoile lundi 20 janvier.


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Le document rapporte que 11 millions d’euros de dépenses engagées par Carlos Ghosn ne semblent pas toujours trouver de véritables justifications, et auraient donc pu être utilisées à des fins personnelles par l’ex-magnat de l’industrie automobile. Parmi ces dépenses, figurent notamment 38 vols effectués par l’ancien PDG de Renault-Nissan et ses proches à bord d’appareils payés par l’Alliance, pour des voyages qui semblent relever davantage du domaine privé.

Des vols estimés à plus de cinq millions d’euros

Ces trajets s’étalent sur une période allant de 2015 à novembre 2018, précise l’hebdomadaire. La plupart a été effectuée à bord de l’avion de la présidence de Nissan, un Gulfstream G650 acheté en 2015. Au total, parmi les 11 millions d’euros de dépenses qui interrogent les auteurs de l’audit, 5,14 millions d’euros sont liés à ces 38 vols. Un exemplaire du rapport a été remis au parquet de Nanterre qui enquête sur ces déplacements soupçonnés de n’avoir aucun lien avec les affaires professionnelles de Carlos Ghosn.

Dans son rapport, le cabinet fait état de vérifications menées sur plusieurs fronts : l’examen des obligations figurant dans l’agenda de Carlos Ghosn mais aussi l’analyse des publications sur les réseaux sociaux par la famille de l’industriel afin de déterminer si ces 38 vols coïncidaient bel et bien avec des déplacements personnels de l’homme d’affaires. Les analystes ont également établi un rapport entre ces vols et la proximité du yacht Shachou du couple Ghosn : à plusieurs reprises, Carlos Ghosn aurait atterri près des ports où le bateau stationnait.

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Turquie, Uruguay, Sicile…

Parmi les autres voyages identifiés et posant problème, ceux transportant le PDG de l’Alliance à Beyrouth, au Liban, ville où il s’est actuellement réfugié. Dans son rapport, le cabinet Mazars note que le Liban n’apparaît pourtant pas comme “une destination méritant de nombreuses visites du PDG de l’Alliance”, relève L’Express. Et la liste des lieux surprenants est longue : Maldonado en Uruguay, Bodrum en Turquie, ou encore Puerto Plata en République dominicaine, et même Ibiza (où le yacht familial mouillait notamment).

Selon le rapport, à Noël 2016, l’avion de Nissan aurait même transporté la famille Ghosn à Rio de Janeiro pour une dizaine de jours, et en juillet 2018, il a été repéré à l’aéroport voisin de l’île nippone de Naoshima, alors que l’une des filles de Carlos Ghosn célébrait son mariage. Et des publications sur Instagram correspondant à la date de ces trajets semblent conforter à plusieurs reprises la thèse de déplacements personnels via l’avion professionnel de l’Alliance.

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L’audit conclut ainsi que quelque 276 heures de vol auraient au final été réglées par RNBV alors qu’elles auraient dû être financées par les fonds privés de Carlos Ghosn. Contacté par L’Express, l’ancien capitaine d’industrie n’a pas commenté ces révélations.

Avec Capital