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Coronavirus : Pourquoi l’immunité collective risque de ne pas être atteinte en 2021

Il est de plus en plus clair que ce n’est pas en 2021 que l’humanité va pouvoir se débarrasser du Coronavirus.

Le 1er janvier à minuit, on a tous et toutes enterré 2020 avec l’idée qu’elle emporterait avec elle les masques, la distanciation sociale et toutes les mesures restrictives liées au coronavirus. Mais ce lundi, l’Organisation mondiale de la Santé (OMS) a prévenu que tout cela resterait sûrement un vœu pieu, en déclarant que l’immunité collective ne serait pas atteinte en 2021 malgré l’arrivée massive des vaccins, et que les gestes barrières devraient continuer à s’appliquer « au moins jusqu’à la fin de l’année. »

Entre nos rêves d’être enfin débarrassés du Covid-19 et la réalité, l’OMS a ciblé deux obstacles majeurs : l’approvisionnement en vaccins pour l’ensemble des nations du globe, et une fois reçue, le temps que met une campagne de vaccination à se déployer.

Plus de 10 milliards de doses nécessaires au minimum

Le premier point tient en une citation de Mounia N. Hocine, biostatisticienne et spécialiste des vaccins : « Les laboratoires n’auront jamais la capacité de production nécessaire pour couvrir toute la population mondiale en une seule année. » Prenons le vaccin le plus avancé, et le plus massivement produit, le vaccin Pfizer-BioNTech. Ce dernier s’administre en deux doses. Au prix d’efforts considérables, la société a estimé ce lundi être capable de produire deux milliards de doses en 2021 (contre 1,3 milliard initialement prévu). De quoi vacciner « seulement » un milliard de personnes, et encore à condition de ne perdre aucune dose dans le lot, ce qui semble relever de l’utopie. La France a par exemple commandé plus de 200 millions de doses de différents vaccins « par sécurité », selon les mots du Premier ministre Jean Castex, alors qu’au vu de sa population, un stock de 134 millions serait normalement suffisant.



Or, pour atteindre l’immunité collective, l’épidémiologiste Katherine O’Brien, directrice du département Vaccination de l’OMS, a prévenu que 70 % de la population devait être vaccinée. Ce qui, rapporté à la population mondiale, correspond à 5,6 milliards d’habitants. Soit 11,2 milliards de doses nécessaires, sans aucune perte. Même en comptant sur les autres vaccins, notamment Moderna qui a été récemment autorisé et validé –, « une telle production en une seule année » est fantaisiste, selon la biostatisticienne.

Les pays les plus pauvres lésés

D’autant plus que cette limite des doses a eu un effet pervers. Sachant le sésame limité, les pays riches se sont jetés sur les stocks disponibles, faisant fatalement augmenter les prix, et rendant le vaccin d’autant plus difficile d’accès aux pays pauvres ou émergents. Dès octobre, le directeur de l’OMS Tedros Adhanom Ghebreyesus prévenait : « La meilleure façon d’utiliser le vaccin est de vacciner certaines personnes dans tous les pays plutôt que toutes les personnes dans certains pays. Le nationalisme vaccinal prolongera la pandémie, il ne la raccourcira pas. »

Jérôme Marty, médecin généraliste en Haute-Garonne et patron du syndicat de l’Union française pour une médecine libre (UFML), dresse un parallèle avec la crise des masques lors de la première vague : « Les pays les plus riches vont surenchérir sur des stocks déjà achetés ailleurs et les saisir, ce qui va ralentir l’approvisionnement mondial. Et plus ils vaccineront vite, plus vite ils seront en rupture de stock, puis réenchériront, au détriment de pays n’ayant pas encore entamé leur campagne de vaccination. » L’écart risquerait donc de se creuser encore, plus regrette le médecin : « Il aurait fallu un organisme supranational pour distribuer les vaccins à travers les pays, comme l’ONU… Ou l’OMS, au lieu de laisser chaque nation faire son stock. »

Des campagnes rapides une fois les doses reçues ?

Autre point clé pour développer rapidement une immunité collective, la logistique de la vaccination. Mounia N. Hocine : « En France, on voit bien qu’on ne se précipite pas pour se faire vacciner. Au rythme adopté, il n’est même pas sûr que nous ayons l’immunité collective, même dans le pays, en 2021. » Pour le seul cas de la nation tricolore, Jérôme Marty se veut plus optimiste : « La France a les capacités logistiques et les infrastructures pour vacciner des dizaines de millions de personnes en quelques semaines, on le voit avec la grippe. Il manque juste les doses, et l’adhésion de la population viendra… mais tous les pays n’ont pas notre organisation ou nos infrastructures. »

Dernier point et non des moindres, les imprévus. Jérôme Marty s’inquiète des retards, rachats et autres problèmes de livraison classiques dans ce genre de scénario. Quand Mounia N. Hocine rappelle : « Plus on tarde à vacciner, plus le virus peut muter et rendre le vaccin caduc. C’est une course contre la montre ». Qui ne sera certainement pas remportée en 2021.

Avec 20 minutes




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