Coronavirus : Pourquoi peut-on attraper le Covid-19 plusieurs fois ?

Peut-on attraper deux fois le Covid-19 ? Cette question cruciale dans la lutte contre la pandémie n’a aujourd’hui pas de réponse ferme. En revanche, depuis l’apparition du variant Omicron, de plus en plus de cas de réinfection ont été répertoriés. Que disent les études sur la question ?

“Etre immunisé, ça veut dire que vous avez développé une réponse immunitaire contre un virus qui va vous permettre de l’éliminer. Et comme la réponse immunitaire a une mémoire, ça vous permet aussi de ne pas être réinfecté par le même virus plus tard”, explique Eric Vivier, professeur d’immunologie à l’Assistance publique des hôpitaux de Marseille.

Depuis le mois de décembre 2021, le variant Omicron, plus contagieux que ses prédécesseurs, déferle sur la planète. Le 8 décembre 2021, le patron de l’OMS déclarait lors d’un point de presse que “des données préliminaires venant d’Afrique du Sud suggèrent un risque de réinfection plus élevé avec Omicron, mais plus de données sont nécessaires pour tirer des conclusions plus fermes“.

Une étude réalisée en Afrique du Sud par l’assurance maladie privée Discovery, dont les résultats ont été publiés le 14 décembre, estime que les personnes ayant été contaminées par le variant Delta présentent un risque de réinfection à Omicron de l’ordre de 40%. Pour celles infectées par le variant Bêta, ce nombre grimpe à 60%.

Dans ce contexte, des informations venues d’Asie, en particulier de Corée du Sud, faisant état de plusieurs patients guéris testés à nouveau positifs soulèvent de nombreuses interrogations. En théorie, il pourrait s’agir d’une deuxième contamination, notent plusieurs experts, qui jugent toutefois cela peu probable et privilégient à ce stade d’autres explications.

Face à ces incertitudes, certains s’interrogent sur la pertinence d’atteindre via les contaminations une immunité collective (quand l’épidémie s’éteint faute de nouvelles personnes à contaminer).

“La seule véritable solution est un vaccin”, estime ainsi Archie Clements, épidémiologiste à l’université australienne Curtin.

Malgré tout, des campagnes de tests sérologiques (qui détectent les anticorps) sont lancées pour mieux connaître la part, probablement très faible, des populations ayant été contaminées, comme en Finlande et au Royaume-Uni. Ou en Allemagne, où un centre de recherche évoque même une sorte de “passeport” d’immunité permettant aux personnes positives de reprendre leurs activités.

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