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Elle découvre qu’elle est allergique au sperme de son mari à cause de son chien

C’est l’histoire d’une femme de soixante ans qui présente à chaque rapport sexuel avec son mari un gonflement du visage et de la gorge, ce que les spécialistes appellent un angiœdème des voies aériennes supérieures. Ce cas est rapporté par des médecins français dans le numéro d’avril 2020 de la Revue Française d’Allergologie.

Tout a commencé trois mois auparavant. Dix minutes après un rapport sexuel, la sexagénaire a présenté un gonflement du visage, une toux, des démangeaisons dans la gorge (prurit laryngé), en l’absence de tout signe gynécologique. Ces symptômes évoquent une réaction allergique. Tout revient dans l’ordre après la prise d’un médicament antiasthmatique par voie inhalée et d’un antihistaminique par voie orale.

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Cette femme a le même partenaire sexuel depuis quarante ans : son mari.  Elle a avec lui des rapports sexuels réguliers, non protégés depuis sa ménopause survenue il y a cinq ans. La patiente n’a pas de terrain allergique personnel et familial. Elle ne suit aucun traitement médicamenteux.

Quinze jours plus tard, les mêmes symptômes réapparaissent dans les mêmes conditions. La sexagénaire préfère alors éviter les rapports sexuels et ne présente plus d’angiœdème. Quelques semaines plus tard, elle a un rapport sexuel non protégé et présente à nouveau un angiœdème.

La patiente se décide à consulter à l’hôpital. L’examen gynécologique est normal. Les symptômes sont évocateurs d’une hypersensibilité au liquide séminal. Les médecins lui conseillent que son mari utilise systématiquement des préservatifs et d’avoir une trousse d’urgence avec un stylo injecteur d’adrénaline au cas où une sévère réaction allergique viendrait à se produire.

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Un bilan allergologique est prescrit. Celui-ci révèle la présence d’anticorps sanguins (IgE) spécifiques du liquide séminal. Le diagnostic retenu est celui d’une allergie au liquide séminal. Cette affection est due à une sensibilisation à un composant présent dans le sperme : la kallicréine plasmatique, protéine plus connue sous le sigle PSA (antigène prostatique spécifique, prostatic specific antigen).

Chien mâle

La structure de cette protéine humaine est très proche d’une protéine du chien : la kallicréine prostatique canine (également dénommée Can f 5). Il existe en effet une homologie de structure (de l’ordre de 60 %) entre la protéine humaine et la protéine canine qui est présente dans les phanères (poils, squames cutanés) et l’urine de chien. La protéine humaine partage ainsi une antigénicité croisée avec la protéine canine. Une sensibilisation préalable à l’allergène du chien, probablement par voie cutanée, est donc un facteur prédisposant au développement d’une allergie au liquide séminal. La patiente possède un chien depuis plusieurs années.

En reprenant l’interrogatoire de la patiente, les médecins apprennent que la patiente possède un autre chien depuis un an. Elle a remplacé sa chienne par un bichon mâle. Dès lors, tout s’explique. « L’intérêt de notre cas clinique réside dans la description d’une allergie au liquide séminal survenue après un changement de chien femelle pour un mâle », résument Victor Valentin et ses collègues du service de pneumologie et d’immuno-allergologie de l’hôpital Calmette (CHU de Lille).

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L’hypersensibilité au liquide séminal survient lors du premier rapport sexuel non protégé chez une femme ayant préalablement été sensibilisée à l’allergène du chien, la kallicréine canine.

Une affection rare mais non exceptionnelle

L’allergie au liquide séminal est rare mais non exceptionnelle. Elle a été décrite pour la première fois en 1958 par un gynécologue néerlandais, J.L. Specken, mais c’est en 1967 qu’un allergologue français, Bernard Halpern, en a fait la première description clinique et biologique.

Le diagnostic repose sur l’histoire clinique souvent évocatrice, la disparition des symptômes après le « test du préservatif », les résultats des examens allergologiques, en l’occurrence des tests cutanés au liquide séminal (en utilisant le sperme centrifugé du partenaire) et le dosage d’immunoglobulines E spécifiques (IgE).

L’allergie au liquide séminal se manifeste habituellement dans les minutes qui suivent une relation sexuelle par des démangeaisons et des brûlures vulvaires et vaginales (vulvo-vaginite chronique). Ces signes locaux peuvent être accompagnés de signes généraux respiratoires (respiration sifflante, et même crise d’asthme), voire parfois de symptômes digestifs (nausées, vomissements, diarrhée). Dans environ 10 % à 20 % des cas, la patiente présente un choc anaphylactique, autrement dit une réaction allergique brutale et sévère.

Ce n’est que récemment, en 2008, que l’on a découvert que l’allergène responsable de l’allergie au liquide séminal est une kallicréine plasmatique humaine qui présente donc sur le plan immunologique une réactivité croisée avec la kallicréine prostatique du chien. Le traitement le plus efficace est d’éviter l’exposition au liquide séminal en utilisant des préservatifs.

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Mais revenons à la patiente sexagénaire. « Après utilisation systématique du préservatif, la patiente n’a plus présenté de récidive d’angiœdème après les rapports sexuels », soulignent les auteurs.

En 2019, des dermatologues japonais ont rapporté dans la revue Allergology International le cas d’une femme de 37 ans qui a développé une sévère réaction allergique dans les trente minutes après un rapport sexuel non protégé avec son mari. Elle a présenté une urticaire généralisée, un gonflement des lèvres et des paupières, une toux et une gêne respiratoire. Après la prise d’antihistaminiques, les symptômes ont disparu en quelques heures. Quelques mois auparavant, cette patiente avait ressenti immédiatement après exposition au liquide séminal des brûlures vulvaires et cutanées, une rougeur et un gonflement local. L’allergie au liquide séminal du mari n’était apparue qu’après acquisition d’un chien mâle dans le salon de coiffure où travaillait son épouse.

Source : LeMonde



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