Femme inspirante : l’histoire de la toute première pilote handicapée

Elle est amoureuse des sensations fortes et transpire le courage.

Certaines passions vous prennent tellement par le cœur qu’il vous est presque impossible de vous en défaire. Parfois, cela vous colle même à la peau. Pour Dorine Bourneton, c’est l’aviation. Bercée dès son plus jeune âge par ce désir d’explorer le ciel comme son père le faisait en tant qu’amateur, elle a été capable de piloter seule dès ses 15 ans. Son envol si prometteur se retrouve un jour compromis par un accident survenu un an plus tard, en 1991. À bord d’un avion de tourisme au côté de plusieurs personnes, l’engin s’est écrasé contre le flanc du mont d’Alambre, en Auvergne-Rhône-Alpes. En cause : des conditions météorologiques désastreuses. Bilan : elle est la seule rescapée.

Une passion tenace

Dans l’accident, Dorine Bourneton perd l’usage de ses deux jambes. De quoi susciter en elle une colère si forte qu’elle en repousse ceux qui l’entoure. « Je ne supportais plus rien, j’envoyais tout le monde balader, je parlais mal à mes parents », se souvient-elle dans les colonnes de 20 Minutes. Mais, la passion est tenace. Le désir de s’envoler à nouveau reprend rapidement place dans la tête et dans le cœur de l’aviatrice qui décide de déménager à Toulouse. Là-bas, elle s’inscrit dans une école disposant d’avions en possession de commandes manuelles de pilotage. Très vite, surgit en elle une volonté féroce de devenir pilote professionnelle. Problème : elle réalise que le métier est interdit aux personnes handicapées. Résultat : elle veut changer ça.

Dans cette perspective, elle s’installe à Paris et crée une commission de pilotes handicapés à l’aéro-club de France. C’est au bout de sept ans de négociations qu’elle arrive à ses fins avec la signature, en 2003, d’un arrêté autorisant les personnes en invalidité à devenir pilotes professionnels. À 28 ans, elle peut ainsi porter ce statut qui lui est cher.

Puis, Dorine Bourneton devient mère et laisse de côté sa passion pendant quelques années pour se consacrer à sa famille. Le désir de reprendre les commandes surgit à nouveau. En 2011, c’est l’embarquement. Cette fois-ci, l’aviatrice a une autre idée en tête : voler au salon du Bourget en voltige aérienne. Elle le fera, lors de la 51e édition de l’événement. C’est ainsi que, à 40 ans, elle devient la première femme paraplégique au monde pratiquant ces acrobaties dans les airs.

L’espoir nourrit et renforce

Désormais, la pilote est conseillère municipale au Quartier 3 de Billancourt-Rives de Seine et participe activement à son association Envie d’envol qui délivre une formation de voltige aérienne aux personnes handicapées. Son histoire, Dorine Bourneton la raconte dans son livre, intitulé Au-dessus des nuages. Une manière pour elle de coucher sur papier les réflexions qu’elle a tirées des épreuves traversées. « Le handicap ouvre d’autres voies, il ne clôt pas le champ des possibles. […] Dans cette aventure singulière, l’espoir nourrit et renforce. Mieux : il envole », écrit-elle sur son site internet.

Et parfois l’espoir inspire, puisque TF1 a décidé de reprendre l’ouvrage de cette pilote tenace pour le retranscrire à l’écran dans un téléfilm du même nom. Une nouvelle épreuve pour celle qui doit, d’une certaine manière, revivre toute sa vie. Lors du tournage, l’émotion était palpable. « Des sentiments enfouis remontaient à la surface. J’étais plus chamboulée que lorsque j’ai écrit le livre, car des comédiens donnaient chair à mes souvenirs », raconte Dorine Bourneton à Ouest-France. Une chose est sûre, elle ne regardera pas le résultat final seule devant sa télévision. Ce moment, elle le partagera avec ses proches, une paire d’ailes fièrement portée sur le dos.

Avec Vanity Fair

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