Le nouveau ministre français de l’Intérieur, Gérald Darmanin, empêtré dans des affaires de viol, fait l’objet, une nouvelle fois, d’une plainte. Par un courrier adressé le 21 juillet au procureur de Lille, l’association Pourvoir féministe l’accuse de trafic d’influence et de conflit d’intérêts.
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Les faits en question remonteraient à 2015 : une habitante de Tourcoing accuse Gérald Darmanin, alors maire de Tourcoing, de lui avoir fait miroiter un logement en échange d’une relation sexuelle. Une plainte pour abus de faiblesse classée sans suite en 2018.
Le collectif Pourvoir féministe espère pourtant rouvrir le dossier : « On a la trace des courriers que Gérald Darmanin a écrit à quatre bailleurs sociaux pour leur demander d’examiner le dossier de cette femme, précise à La Voix du Nord, Anaïs Leleux, la fondatrice de l’association.

La militante originaire de Roncq (métropole lilloise), ancienne de Nous toutes, poursuit : « Le problème, c’est qu’elle dit qu’avant ça, elle s’est sentie obligée d’avoir des relations sexuelles. Or solliciter ou même accepter un rapport sexuel en échange de son aide, c’est ce qu’on appelle trafic d’influence. »
Le courrier du collectif adressé à la justice est une dénonciation de faits pouvant constituer une infraction pénale (qui, contrairement à une plainte, émane d’une personne étrangère à l’affaire). C’est désormais à la procureure de Lille de déterminer s’il peut donner lieu à de nouvelles poursuites.
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Le ministre de l’Intérieur a été accusé à deux reprises d’avoir profité de sa position d’élu pour obtenir des faveurs sexuelles. L’autre plainte, pour viol, a été relancée en juin par la justice. Une femme de 46 ans dit avoir sollicité en 2009 Gérald Darmanin, chargé de mission au service des affaire juridiques de l’UMP, pour tenter de faire annuler une condamnation. Selon elle, il lui aurait promis son appui contre une nuit à l’hôtel. Une relation que Gérald Darmanin ne nie pas mais qu’il assure consentie.
Anaïs Leleux interpelle aussi la Haute autorité pour la transparence de la vie publique en dénonçant « un conflit d’intérêts » : « Comment être sûr que des policiers pourront mener leurs investigations alors que l’intérêt de leur chef, « premier flic de France », est d’être reconnu innocent ? »
Le collectif Pourvoir féministe, dont c’est le premier coup d’éclat, espère dans la foulée une mobilisation citoyenne sur cette question. « La présomption d’innocence ne doit pas empêcher de s’interroger sur l’éthique publique », estime Anaïs Leleux.