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Immunité croisée : le rhume pourrait-il protéger de la covid-19 ?

Peut-on être protégé de la covid-19 grâce au rhume ? Une recherche de l’hôpital universitaire Charité, à Berlin, publiée dans le journal Nature le 29 juillet 2020, démontre que des personnes n’ayant pas eu de contact avec le nouveau coronavirus possèdent bien des cellules immunitaires qui réagissent à ce virus.

L’immunité croisée est une des hypothèses expliquant ce paradoxe ; selon elle, les personnes ayant été exposées à d’autres coronavirus auraient développé une immunité qui serait protectrice face au covid-19, empêchant l’infection ou atténuant ses symptômes. 

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L’immunité innée (des cellules entraînées à attaquer tout ce qui peut paraître étranger à l’organisme) est le premier des trois mécanismes enclenchés pour la protection du corps lors d’une infection ; l’immunité adaptative est ensuite activée lorsque la première ne résout pas le problème. À ce moment, des cellules spécifiques (des lymphocytes T et B) s’adaptent pour reconnaître spécifiquement le pathogène et diriger la réponse immunitaire contre lui ; et finalement, ainsi que des anticorps spécifiques, elles restent dans l’organisme après l’infection afin de protéger le corps d’une nouvelle agression, comme dans le cas des coronavirus responsables de certains rhumes, rapporte Sciences et avenir.

Ainsi selon l’étude, grâce à leurs similitudes avec le Sars-Cov-2, certaines de ces cellules immunitaires (les lymphocytes T) reconnaissent le nouveau coronavirus grâce à la “mémoire” qu’ils en ont gardée. 

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“Nous voyons cette immunité croisée dans un tiers de personnes qui n’ont pas été infectées avec ce coronavirus, mais avec des tests plus sensibles, il est probable que cette proportion soit bien plus importante, révèle à Sciences et Avenir Andreas Thiel, immunologiste à l’hôpital Charité de Berlin et auteur de l’étude. La plupart d’entre nous avons déjà été en contact avec ces coronavirus responsables du rhume ; qu’on ait encore, ou pas, une mémoire immunitaire de ces rencontres dépend de la puissance de cette infection et d’il y a combien de temps elle s’est produite”.

Cela pourrait expliquer pourquoi certaines personnes sont plus sensibles au virus que d’autres.“Nous savons que certains groupes d’âge sont plus exposés à ces coronavirus, comme les enfants par exemple, donc ils pourraient être mieux protégés contre cette nouvelle menace, spécule-t-il. Mais ce n’est qu’une hypothèse pour le moment, on doit encore confirmer si cette réponse immunitaire peut-être protectrice ou pas“.

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Cette immunité peut aggraver l’infection, au lieu de l’empêcher, prévient M. Thiel. “C’est comme les anticorps, certains peuvent neutraliser les pathogènes, mais d’autres peuvent les aider à infecter les cellules”. Ce scénario survient quand des anticorps ne parviennent pas à neutraliser un pathogène, mais se contentent de l’accrocher ; ils peuvent s’accrocher à d’autres cellules qui vont internaliser l’anticorps et le pathogène qui pourra ensuite se reproduire dans ces nouvelles cellules hôtes. C’est le cas avec certains virus, comme le VIH et certains coronavirus.

“Il se peut aussi que cette immunité soit protectrice chez certains, mais qu’elle empire la situation chez d’autres, notamment les personnes âgées chez qui le système immunitaire n’est plus très efficace, nuance-t-il. On doit tester cette immunité dans des cohortes plus grandes pour vérifier si les personnes qui l’ont sont plus protégées ou pas”. 



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