La présidente mexicaine Claudia Sheinbaum a confirmé ce jeudi 19 mars 2026 l’invitation du roi d’Espagne à la Coupe du monde de football 2026, prévue en partie au Mexique cet été, à la suite de déclarations récentes du souverain sur les « nombreux abus » de la Conquista.
Lundi, Felipe VI avait reconnu l’existence de « nombreux abus » pendant la conquête espagnole de l’Amérique au XVIe siècle.
Cette déclaration inédite, sur un thème qui a suscité des tensions entre les deux pays, avait été saluée dès mardi par Mme Sheinbaum. La présidente y a vu un « geste de rapprochement » du roi Felipe VI.

Et mercredi, la Maison royale espagnole avait annoncé avoir reçu cette invitation, « accueillie favorablement » par le souverain.
Dans sa traditionnelle conférence de presse matinale jeudi, Mme Sheinbaum a précisé que son gouvernement avait envoyé des invitations à tous les pays avec lesquels le Mexique entretient des relations.
Les relations entre le Mexique et l’Espagne sont tendues depuis 2019, lorsque le président mexicain Andrés Manuel López Obrador avait envoyé une lettre à Madrid pour exiger de la Couronne des excuses pour les abus commis durant la Conquista.
L’actuelle présidente mexicaine Claudia Sheinbaum a repris cette revendication, appelant de nouveau à des excuses officielles et refroidissant encore les relations bilatérales. Le monarque espagnol ne s’était pas rendu à l’investiture de la cheffe de l’État mexicaine en 2024.
« Gabriela Cuevas (représentante du gouvernement mexicain pour la Coupe du monde) a envoyé (la lettre) à tous les pays du monde, l’invitation pour qu’ils viennent à la Coupe du monde, et là, eh bien, il y avait le roi d’Espagne », a déclaré Mme Sheinbaum jeudi.
La Mésoamérique, une région qui comprend de nos jours le sud du Mexique, le Guatemala, le Salvador, le Honduras et le Belize, avait une population estimée entre 15 et 30 millions de personnes à l’arrivée du conquistador espagnol Hernan Cortes en 1519.
Ce fin stratège, qui s’est allié avec des peuples indigènes méso-américains, est parvenu à renverser l’Empire aztèque.
Après un siècle de batailles, de massacres et d’épidémies, il ne restait plus qu’entre un et deux millions d’habitants autochtones.