Les Togolais sont appelés aux urnes, le 22 février prochain, pour élire celui qui va présider leur destinée sur les 5 ans à venir.


Comme pour confirmer l’adage qui veut que les élections se suivent, mais ne se ressemblent guère, cette année, de toutes les innovations, celle introduite par la HAAC et qui prévoit un débat télévisé entre les deux candidats au second tour sera la plus marquante.

En effet depuis la première élection présidentielle du 9 avril 1961, c’est la première fois qu’au Togo des candidats débattront directement eux-mêmes sur une chaîne de télévision. Très souvent l’exercice est assuré par des portes paroles ou des représentants dans des émissions à caractère politique. Cette fois-ci, la Haute Autorité de l’Audiovisuel et de la Communication (HAAC) a décidé d’ajouter une touche particulière à l’élection présidentielle. Les deux candidats qui seront connus après le premier tour de l’élection devront débattre en direct à la télévision nationale. Cet exercice est sans doute destiné à rallier ou convaincre les indécis tout en mettant en exergue les points saillants du programme de chaque candidat. Le débat interviendra donc entre deux tours. On n’en sait pas plus.

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Mais, même si pour le moment les contours d’un tel débat télévisé ne semblent pas encore précis, on peut partir de l’exemple des États-Unis ou de la France qui ont en la matière une longue tradition, pour projeter, ce que sera ou non le cas du Togo.

Aux États-Unis, John F. Kennedy l’emporta sur Richard Nixon

Le premier vrai débat télévisé pour une élection présidentielle s’est tenue le 26 septembre 1960, aux États-Unis. Il opposa le sénateur et candidat démocrate John F. Kennedy et le vice-président et candidat républicain Richard Nixon, à Chicago dans les studios de CBS-TV WBBM. Ce débat fut capital dans la victoire de Kennedy, car à l’inverse de son adversaire, il sut en tirer le maximum de profit.

Aucun débat télévisé n’est organisé entre les candidats des élections de 1964, 1968 et 1972, notamment par crainte de similaires conséquences à la défaite de Nixon en 1960, sauf pendant la primaire démocrate de 1968. Toutefois, le tout premier débat aux États-Unis eu le mérite de retentir au point d’inspirer d’autres démocraties outre-Atlantique comme la France.

Aussitôt essayé, aussitôt normalisé

En France, même si la première élection présidentielle au suffrage universel a été organisée en 1965, ce n’est qu’en 1974 que le premier débat télévisé au deuxième tour de l’élection présidentielle verra le jour. Il opposa Valéry Giscard d’Estaing et François Mitterrand. Ce débat dit de « l’entre-deux-tours » est nettement inspiré du premier débat présidentiel télévisé proposé aux États-Unis en 1960. Depuis, cet exercice deviendra l’un des rituels consacrés de la communication politique française, avec ses règles, ses contraintes, son formatage.

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Dans les deux démocraties citées en exemple, France et États-Unis nommément, l’exercice oppose les deux candidats arrivés en tête du premier tour, à quelques différences près. Il est régulé par un ou deux éminents journalistes devant un public trié sur le volet. Parfois, ce dernier, le public, gagne de voir quelques-unes de ses questions posées directement aux candidats. Ce qu’il faut aussi noter sur le rituel, c’est la gestion assez millimétrée du temps de parole grâce à un dispositif moderne, pour dissiper toute velléité d’injustice.

Qu’en sera-t-il du premier débat télévisé au Togo

Le tout premier débat politique entre des candidats au second tour d’une élection présidentielle au Togo pourrait s’inspirer du système français. Les téléspectateurs pourraient ainsi s’attendre à voir pour ce premier débat de l’entre-deux-tours un plateau dirigé par l’un des journalistes de renom que sont Kuessan Yovodevi, Aminata Adrou, Gerson Dovo pour les médias publics couplé de Pierrot Attiogbé, Gilles Boko, ou Fabi Kouassi, comme représentant des médias privés. Tout compte fait, un tel plateau composite a déjà été essayé par la télévision nationale lors notamment de l’émission ‘‘Plateau de la Semaine’’, ce ne sera donc pas une première, de ce côté-là. Reste à délimiter les conditions de la présence d’un public tout aussi composite sinon représentatif.

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Ce qui est sûr, ce débat sera retransmis en synchronisation par les 32 radios partenaires de la HAAC. Pour le reste, seule la HAAC connaît les conditions d’organisation d’un tel débat, si jamais il y avait un second tour à l’élection présidentielle du 22 février 2020.

Les férus d’histoire peuvent aussi retenir que le débat politique en son essence remonte au Ve siècle avant Jésus-Christ et est issue de la démocratie athénienne où en un lieu public situé au centre d’Athènes avec des orateurs et un public autorisé des échanges pouvant aller de la vie publique au vote des lois, avaient cours.